La main des sourds

Ecran > L’oeil et la main

Date : Lundi 22 Février

Titre : Le bouffon et le boiteux

Un film de : Jean-Pierre Courbatze

Avec : Radouane Sahsah, Bruno Gomila

Résume :

Ose-t-on encore rire de tout ? S’empêcher de rire du handicap, n’est-ce pas une forme de déni de la différence ? La rencontre entre notre enquêteur sourd Radouane Sahsah avec des comiques ou des personnes concernées par le handicap mettra en lumière les différences de point de vue, l’humour propre à chacun et les éventuelles limites que l’on s’impose. Pour rire des sourds, faut-il nécessairement être sourd soi-même, et qu’en pensent les premiers concernés ?

Le résumé en texte :

On dit que le rire est le propre de l’homme. Mais jusqu’où peut-on se moquer de son prochain ? Au nom de l’humour, peut-on tourner en dérision la difformité, la “non-conformité” physique ? Aujourd’hui, dans une société où l’écho médiatique donné aux performances des humoristes est démultiplié, le fait de se moquer du handicap pose problème.

D’un côté, l’inaliénable liberté d’expression, le droit de caricature. De l’autre, des personnes qui peuvent se déclarer choquées, blessées, qui intentent parfois des procès. En vertu d’un esprit politiquement correct ? Au nom d’une reconnaissance nécessaire des handicapés dans la société, qu’ils ont tant de mal à conquérir ?

Nous essaierons d’y voir plus clair en suivant Radouane Sahsah, notre enquêteur sourd, pratiquant lui-même un humour décapant sur les Arabes, sourds, entendants… Il rencontrera des humoristes, des handicapés artistes ou militants, comme Deza Nguembock et Paul Samanos ou encore Olivier Mongin, auteur entre autres de De quoi rions-nous ? et directeur de la revue Esprit.

Celui-ci considère que le corps est au centre de la question de l’humour. Les grands burlesques sont toujours dotés d’un corps “problématique”, de Chaplin et Tati à… Jamel Debbouze. Nous découvrons à travers ces différentes analyses que pour faire de l’humour sur le handicap, il faut être à l’aise avec le sujet – ce que n’est pas la société, loin de là. Le problème, ce ne sont pas les provocations que peuvent pratiquer les humoristes, ce sont les conditions sociétales qui rendent un discours possible.

Radouane Sahsah part ensuite à la rencontre de Ryadh Sallem, multi-champion de basket handisport, militant et créateur de nombreuses manifestations autour du handicap. Il lui rend visite à la maison d’accueil spécialisée Clément-Wurtz, où l’on trouve aussi bien des handicapés physiques que mentaux.

Ryadh Sallem s’est toujours battu pour qu’il existe un humour sur le handicap, sans tabous. Il reconnaît qu’il peut choquer, mais il y a toujours une part de subjectivité. D’ailleurs, il connaît des blagues sur les sourds qui ne les font pas tellement rire ; et d’autres blagues sont appréciées des sourds, que lui ne trouve pas terribles. Par exemple, cette histoire où des sourds vont voir un ami, un soir, et se retrouvent au pied de son immeuble. Ils ignorent quel est son appartement. Comment font-ils pour le trouver ? Ils appuient sur tous les interphones et regardent quelles fenêtres s’allument. La seule qui reste éteinte, c’est celle de leur ami sourd !

Justement, voici Bruno Gomila, qui rend une visite tardive à Radouane Sahsah, ce qui donne à ce dernier l’occasion de se payer une bonne tranche d’humour sourd.

Photo :

Radouane Sahsah
Bruno Gomila

Vidéo : >>> Site <<<

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.