Implants cochléaires : l’espoir pour les enfants sourds

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L’intervention est d’autant plus efficace qu’elle est pratiquée tôt. Mais la technique coûte cher et effraie encore pédiatres et ORL.

Ils vont à l’école, bavardent avec leurs copains, téléphonent, écoutent de la musique… De plus en plus d’études le confirment, des enfants sourds profonds, inappareillables avec les prothèses classiques, peuvent aujourd’hui mener une existence quasi normale grâce à des implants cochléaires.

La dernière enquête en date, publiée le 1er février (dans la revue Otolaryngology- Head and Neck Surgery), a inclus 86 petits Américains âgés de 8 à 16 ans. Mesurée dans six domaines du quotidien (vie familiale et amicale, estime de soi, scolarité, état physique et psychique), leur qualité de vie n’a globalement rien à envier à celle d’enfants non sourds du même âge. «Elle est d’autant meilleure que l’implantation a été précoce dans la vie et que l’implant est utilisé depuis longtemps», précise Betty Loy (Université du Texas), première auteur. «Cette étude colle bien à ce que nous observons dans la réalité» commente le Dr Natalie Loundon, du service d’ORL de l’hôpital Trousseau (Paris), le plus important centre d’implantation pédiatrique en France.

Utilisés depuis une quinzaine d’années chez l’enfant (beaucoup plus chez l’adulte), ces implants stimulent le nerf auditif par l’intermédiaire d’électrodes posées chirurgicalement dans la cochlée de l’oreille. Celles-ci sont commandées par un stimulateur, situé sous la peau derrière l’oreille. La partie externe du dispositif comprend unmicro (pour capter les sons), un processeur (pour les coder) et une antenne.

Plus efficace avant 15mois

Environ 6000 implants cochléaires ont déjà été posés en France, dont la moitié chez des enfants – le plus souvent atteints de surdité congénitale. Chez les tout-petits, sourds avant d’avoir acquis le langage, les bénéfices sont d’autant plus importants et la rééducation d’autant plus courte que l’implant est posé tôt.

Mais l’intervention, malgré ses bénéfices et son faible taux de complications, fait encore un peu peur aux pédiatres et aux ORL, regrette le Dr Loundon. Les implantations sont pratiquées encore trop tardivement, estime- t-elle. «Dans notre service, l’âge moyen est de 2 ans et demi. L’idéal serait avant 18 mois, si possible avant 15

Pour l’instant, la majorité des enfants sont implantés d’un seul côté, entre autres pour des raisons de coût (l’implant à lui seul vaut 22000 euros). Mais les indications des implants bilatéraux, qui améliorent l’audition dans le bruit et permettent de situer l’origine des sons, pourraient s’élargir dans les prochaines années.

Source : http://www.lefigaro.fr © 08 Février 2010 à France

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