David Lobry, une bouche, des oreilles et des mains au service des malentendants

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David Lobry, 33 ans est domicilié à Athies. « dSignes, interprétation en français et langue des signes française » lit-on sur sa carte de visite. Il est le seul interprète pour les malentendants du département. Un parcours, une passion qui commence sur les bancs du lycée…

En côtoyant des camarades de classe sourds, David Lobry s’est intéressé à la langue des signes.

La passion naît d’une curiosité, pour des camarades de classe sourds côtoyés au lycée Gambetta. « Je me suis intéressé à eux et j’ai voulu apprendre quelques signes », dit-il. Puis est venue la fac des sciences, à Lens, où il a retrouvé ses anciens camarades, rassurés de sa présence. « J’avais envie de continuer, de créer une association pour l’apprentissage de la langue des signes. J’étais en contact avec une association lilloise. J’ai persévéré avec l’association Trèfle, à Arras ». Le jeune homme a des facilités. Il apprend sur le tas, se rapproche de la Maison des sourds (ex-Cercle des silencieux qui réunit les anciens de l’école des jeunes sourds d’Arras). Après sa licence de maths, un DFS en interprétation de langue des signes passé à Paris, il rejoint tout naturellement Le CDJS en 1997, après un séjour à l’École nationale des sourds de Paris, rue Saint-Jacques. « Il y avait tout là-bas ! J’ai préféré revenir pour me battre ici. Il y avait encore à faire. »

Des tâches multiples

La voix des sourds c’est donc lui. En dehors de ses activités au CDJS, il a créé sa propre société dSignes Interprétation. C’est un travail très prenant qui l’occupe à plein temps. « Depuis que j’exerce en libéral, mes demandes sont croissantes ». Le bouche à oreille, si l’on ose cette métaphore, fonctionne bien dans le milieu des sourds et il se fait vite un nom. « Il y a près d’un millier de malentendants dans le département », souligne-t-il, mais via la maison du Handicap, ils ont la possibilité de se faire accompagner pour leurs démarches administratives, médicales, au tribunal… « C’est parfois préférable pour la confidentialité des clients de se faire accompagner par un traducteur plutôt que par un membre de la famille qui traduit souvent à peu près. Traducteur, c’est un vrai métier. Il faut être prêt à tout comprendre, à bien le restituer, aux sourds en langue des signes, et aux entendant… C’est parfois émouvant. J’assiste à des mariages, des enterrements »

La culture aussi

On voit également David Lobry au Théâtre. Il assiste parfois à une répétition, pour préparer son travail. « Je traduis cette saison quatre spectacles « La Mort d’Auguste » (c’est fait), « Épître aux jeunes acteurs » (Le 29 janvier), « L’Histoire du Tigre » (le 25 février et le 1e r mars), de la compagnie Plastilina et « Ooorigines » (fin mars). C’est important que les malentendants puissent avoir accès à la culture.

Quand on donne un spectacle traduit dans la région, les gens viennent de partout. Le milieu communique énormément avec Internet. Les gens sont contents de se retrouver. J’ai récemment traduit des visites guidées pour des clients. Les sourds, souvent isolés dans leur monde, sont avides de connaître l’histoire de la ville dans laquelle ils vivent. ». Les gens prennent parfois David Lobry pour le frère ou le fils d’une cliente « parce qu’ils sont habitués à voir un membre de la famille accompagner un malentendant. Parfois mes interlocuteurs sont étonnés de m’entendre leur parler.

» C’est que David est déjà sans doute considéré par la communauté des sourds comme un frère, un ami, ou simplement un homme sur lequel on peut compter.

Source : http://www.arras.maville.com © 16 Décembre 2009 à Arras

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