2 auteurs nous parlent de leur livre :

Marguerite Blais: Apprendre à vivre aux frontières des cultures sourdes et entendantes. Histoires d’enfants entendants issus de parents sourds

Dans des sociétés et un monde préoccupés de productivité, de consommation, déconomie, de politique, il nest pas toujours facile daborder la question culturelle, non pas tant celle de la culture artistique ou de biens culturels offerts à la consommation, mais celle de la culture des modes de vie différents, du partage de valeurs et de repères symboliques, de la qualité de vie citoyenne.

Il peut être étonnant pour beaucoup encore daborder le monde des sourds en tant que porteur dune culture sourde. Il y a une culture sourde, autodéfinie en grande partie par un mouvement interne daffirmation identitaire, avec lappui tout de même de différents acteurs sociaux du monde entendant, dont des linguistes, des chercheurs en sciences sociales, divers acteurs politiques. Et il y a aussi une culture entendante, marquée par la maîtrise de loralité et de lécrit, fondée en plus sur une normalité clinique instituée (posséder laudition) qui devient une dimension allant de soi de la normalité linguistique pour la grande majorité entendante. Par ailleurs, cest en référence à une culture sourde, dans sa différence même, que se révèlent plus pleinement les caractéristiques de cette culture entendante.

Cest cette dynamique des rapports entre cultures qui constitue la trame de cet ouvrage, la position denfants entendants issus de parents sourds constituant un témoignage particulièrement pertinent, leur développement comme personne provenant radicalement de cette dynamique.

Charles Gaucher: Ma culture, c’est les mains. La quête identitaire des Sourds au Québec

Le présent ouvrage vise à comprendre ce qui pousse certains individus à braver les euphémismes et à affirmer fièrement « je suis Sourd » afin de dire leur différence. Cette affirmation identitaire fait entrer dans lHistoire une nouvelle façon de considérer la différence corporelle de ces personnes qui tentent de se définir à partir dune culture spécifique plutôt que selon une particularité strictement biologique.

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« Revenir aux sourds eux-mêmes ne consiste pas seulement à analyser la sémantique de leurs diverses langues des signes (LSQ, LSF, et toutes les autres) − démarche somme toute assez récente que Mottez pratiquait, mais spécialement développée par lanthropologue Yves Delaporte −, il faut aussi prendre en compte ce que Charles Gaucher nomme les fondements expérientiels de lidentité sourde. Sous ce titre, il montre comment se construit cette identité irrécusable et indispensable, mais pourtant plus souple quun discours convenu le laisserait penser. Ces analyses sont pleines daspects inattendus et sont révélatrices de pratiques originales. Cest un vrai régal de pénétrer ainsi dans le quotidien et linventivité des sourds. »

« La culture des mains, pour reprendre le titre suggestif de Charles Gaucher, qui est déploiement dans le visuel, possède la légèreté de la danse et la plasticité du geste. Il serait contradictoire den faire le symbole dune fixité et dun repli sur soi. »

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