La main des sourds

La langue des signes à la fac ?

jeudi 19 novembre 2009 enseignement. Inclure la langue des sourds dans le programme universitaire

Étudiantes en seconde année à l’École d’orthophonie, elles apprennent la langue des signes.

Mélanie, Nuria, Élise et Charlotte organisent déjà des cours aux étudiantes de l’École d’orthophonie.

Les étudiantes en orthophonie s’installent en cercle dans une salle, au troisième étage de la faculté de médecine. La classe va commencer, mais pas n’importe laquelle. Vanessa travaille comme formatrice depuis un an au CSCS44 (Centre socioculturel des sourds de Loire-Atlantique). Elle donne des cours de LSF : Langue des signes française. « J’aime enseigner la culture des sourds aux étudiants. Je souhaite encourager et faciliter la communication entre les entendants et les sourds. » Pour cela, elle fait appel à des supports photos et vidéos, et des images, même si ce qui marche le plus reste la pratique en dehors des cours.

Cours légitime

« Nous avons une centaine de personnes sur liste d’attente qui veulent suivre ces cours. Le jour des inscriptions, certains ont attendu deux heures dans la file. » Mélanie, Nuria, Élise et Charlotte se sont mobilisées pour organiser des cours de LSF pour les étudiants à l’École d’Orthophonie il y a deux ans. « Grâce aux subventions, nous sommes pour l’instant en mesure de renouveler l’opération chaque année, expliquent Mélanie et Nuria. Cependant, compte tenu de leur succès, nous voulons que les cours soient inclus dans le programme de l’université. » Ainsi, ils seraient accessibles de façon gratuite aux étudiants en orthophonie ou encore en médecine et le corps enseignant pourrait embaucher des professeurs atteints de surdité. Jérôme Gastineau, directeur du service de la vie étudiante, a donc évoqué la possibilité de transformer cette initiative étudiante en UED : Unité d’enseignement et de découverte.

« Quand une personne entendante se retrouve face à une personne sourde, on parle de handicap partagé. » Outre le fait que la langue des signes ait une place importante dans le métier d’orthophoniste, la mise en place de cours de LSF devrait favoriser l’intégration de la communauté des sourds dans la société. « En 2005, la loi sur le handicap a reconnu la langue des signes comme une langue officielle. Il est tant de la faire appliquer, surtout que nous avons reçu beaucoup de soutien. »

« J’ai déjà participé à un café sourd, raconte Lucile. C’est un événement, comme ceux qu’on souhaite organiser, où les entendants et les sourds peuvent se rencontrer. » Lucile est l’une des quatre étudiantes qui prendra la relève une fois les créatrices du projet parties.

Elles devront s’assurer que le projet soit bien pérennisé et légitimé.

Source : http://www.presseocean.fr © 19 Novembre 2009 à Nantes

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