La lucarne du 144, rue des Capucins ouvre ses portes La mémoire des sourds et muets

0

Au plaisir de découvrir une maison datant de 1895, construite par Émile Dufay (créateur de la cité-jardin du Chemin-vert et de plusieurs hôtels particuliers boulevard Lundy), et ayant échappé aux bombardements de la Première Guerre mondiale, les Rémois sont invités, ce samedi, à plonger dans la culture méconnue des sourds et muets, basés à la lanterne du 144, rue des Capucins, à deux pas de l’entrée du collège-lycée Saint-Joseph.

La superbe façade dune maison qui a échappé à la guerre 14-18.
La superbe façade d’une maison qui a échappé à la guerre 14-18.

Pas difficile à manquer. Sur la façade imposante de la maison – propriété depuis 115 ans des sourds et muets – construite sur un terrain, propriété de M. Pron de Vitry-le-François, deux inscriptions.
– La fondation Émile Mercier évoque le don de 10.000 F de l’époque fait par Émile Mercier, le fils d’Eugène, négociant en vin de Champagne qui avait deux filles sourdes et muettes. Les 645 adhérents de la mutuelle des sourds avaient payé le reste.
– Le cercle Abbé de l’Epée, sous un joli buste, est un hommage rendu au bienfaiteur des sourds et muets à l’origine de la création de l’école des signes à Paris.
Les amateurs d’architecture apprécieront le bâtiment datant du XIXe siècle, dont les murs portent encore les stigmates rebouchés des bombardements prussiens, ainsi qu’une jolie lanterne. Poussée la superbe porte d’origine de la bâtisse, ils verront le pavage et un lustre d’origine dans l’entrée puis une immense salle de réception de 12 m sur 7 avec un plafond à 7 m de haut et un superbe parquet. Et un salon qui se termine par un mur provisoire, la maison n’ayant jamais été achevée. Plus intéressant, le détour que les amis de Christophe Plotek et Dominique Joucarre, responsables de l’association des sourds rémois et de Champagne-Ardenne (ASRCA), vous inviteront à faire à l’étage par le musée de la fondation, aménagé avec passion par Claude Canu et quelques bénévoles, attentifs et dévoués gardiens du patrimoine culturel international des sourds et muets.
Patrimoine rémois
Vous verrez sur une table, des livres rares de la bibliothèque de l’abbé de l’Epée sur l’histoire des sourds. Des livres qui ont bien failli être brûlés en 1880, quand des savants médicaux décidèrent qu’il fallait interdire la langue des signes parce que, en substance, ça faisait singe et que c’était réservé aux idiots du village.
Il fallut attendre les années 1970 pour que le langage revienne et février 2005, pour qu’il soit reconnu officiellement. Sur les murs, de nombreuses photos sur l’histoire des sourds rémois, dans les vitrines, des bustes et assiettes à l’effigie de l’abbé de l’Epée, une bannière de l’association.
Cette incursion dans le monde des sourds vous permettra d’appendre qu’il y aurait près de 10 % des Français touchés par ce mal, 3.000 dans le département, et qu’avec le vieillissement de la population, ce nombre ne fera qu’augmenter.
D’où le besoin pour toutes ces personnes isolées de se retrouver en communauté pour des rencontres, des voyages, des loisirs.
À Reims, les sourds et muets ont un club du troisième âge avec soixante-dix adhérents, un club sportif de trente personnes et une association ciné sourds.
Alain MOYAT
Samedi 19 septembre de 10 à 18 heures au 144, rue des Capucins.

Source : http://www.lunion.presse.fr © 18 Octobre 2009 à Reims

Écrire un commentaire

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.