La main des sourds

« Cela fera du bruit ! »

Ils fêteront, demain, les cinquante ans de leur association

Paulette Ouzeau (au centre) en compagnie de Francette et de Max Martin.
Paulette Ouzeau (au centre) en compagnie de Francette et de Max Martin.

Max et Francette Martin filent le parfait amour depuis 1961. Leur double handicap commun – ils sont tous deux sourds et muets – les a rapprochés et n’a jamais fait obstacle à une vie de couple harmonieuse. Une méningite contractée à l’âge de seize mois a privé Francette de l’ouïe et de la parole. Au même âge, une otite aiguë a eu les mêmes conséquences ravageuses pour Max.

Le couple, qui a donné naissance à un fils fort heureusement entendant, coule une paisible retraite après un parcours professionnel bien rempli. Max travailla pour le compte de la Semis (1) ; Francette oeuvra dans les rayons d’un supermarché. Une vie normale, en somme, malgré le handicap. Max Martin s’est également investi auprès des autres sourds et muets en présidant l’association les regroupant. Fondée par Jean Mauriau, cette Association des sourds et muets de Charente-Maritime soufflera ses cinquante bougies demain, samedi, à la salle du Camélia.

« Bavards et bruyants »

Il y est prévu de grandes retrouvailles entre malentendants. « Cela fera beaucoup de bruit car les sourds-muets sont très bavards et super-bruyants », affirme, sans rire, Max Martin. La dévouée Paulette Ouzeau l’accompagne pour traduire la langue des signes à l’intention du journaliste qui ne la comprend pas.

Présidée aujourd’hui par Jean-Michel Pinson, d’Arvert, l’association conserve sa vocation d’origine. Elle permet aux sourds et muets de se retrouver et de pratiquer ensemble différentes activités : pétanque, bowling, randonnée à pied ou à vélo. Ses membres se réunissent à intervalles réguliers salle de la Récluse, à Saintes.

Les contacts permettent aussi d’échanger sur les problèmes rencontrés par les personnes malentendantes. Les jeunes sourds et muets ont beaucoup de difficulté, aujourd’hui, à s’intégrer dans le monde du travail.

« Ils manquent aussi d’interprètes », plaide Paulette Ouzeau. Elle qui a lancé l’association Saintes langue des signes en octobre 2008 reste la seule à exercer dans le département. « Il n’y en a plus à La Rochelle et aucun financement n’est prévu », assure-t-elle.

Ouverte à tous

Paulette Ouzeau se souvient de la création de l’association : « Mes parents, tous deux sourds et muets, y assistaient. C’était le 4 mai 1959. J’avais moi-même 7 ans et je les accompagnais à la réunion. »

Samedi, à 10 h 30, un hommage sera rendu au fondateur de l’association, disparu depuis. Un cadeau sera offert à sa veuve. Puis les sourds-muets échangeront toute la journée. « Ils auront beaucoup de choses à se dire ! », assure Max Martin.

La fête anniversaire se veut ouverte à tous. N’hésitez pas à pousser la porte de la salle du Camélia samedi, à l’heure de l’apéritif. Max et Francette Martin, ainsi que tous leurs amis, vous y accueilleront très gentiment.

(1) Sémis : Société d’économie mixte immobilière de Saintonge.

Source : http://www.sudouest.com © 18 Septembre 2009 à Angoulême

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.