Dans l’univers du langage des signes

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Apprendre le langage des signes, Christelle Lequin, employée à la mairie de Lys-lez-Lannoy au service logement, y pensait depuis longtemps. La municipalité lui a donné l’opportunité de se lancer, en lui payant sa formation.

Tous les samedis matins, cette année, Christelle Lequin a pris la direction de l’OMEP à Wattrelos pour y suivre une formation sur le langage de signes. Une directive de la mairie, où elle est salariée au CCAS, service logement ? Absolument pas. « Je suis arrivée à Lys, dans ce service, en octobre 2007, raconte-t-elle. J’ai immédiatement parlé de cette formation. J’en avais vraiment envie. Mais, dans le centre de formation pour fonctionnaires, on n’en propose pas. » Pour elle, apprendre le langage de signes c’était une évidence : « Ça s’apparente à une langue étrangère. Et, ça peut toujours être utile, surtout quand on travaille dans une administration. On peut ainsi aider à des démarches toutes simples. » Un avis qui n’est visiblement pas encore très répandu car, cette année, Christelle Lequin a été la seule de son groupe à suivre la formation financée par son entreprise. Un pas en avant souhaité par la municipalité lyssoise qui, en janvier dernier, avait d’ailleurs traduit la cérémonie des voeux pour les sourds et malentendants. Pour Christelle Lequin, cela tombe plutôt bien.

« Un monde inconnu »

Sans connaître de sourds ou malentendants, elle a pourtant cette sensibilité. « Pour nous, c’est un monde inconnu et totalement différent. C’est un sourd profond, Jérôme qui nous donne cours. Et je me suis rendue compte que pour eux les choses sont totalement différentes.
Les mimiques, les gestes, tout est très précis. Il y a beaucoup de choses auxquelles on ne pense pas ! » Dans son apprentissage, Christelle Lequin a commencé par découvrir les couleurs, les jours, les transports, les chiffres, les horaires, les villes et pays, les fruits et légumes, l’alimentation… Autant de gestes à retenir, en dixances de trois heures. « Les cours sont vraiment variés et on a l’impression d’avancer. Ce qui est dommage dans l’apprentissage de la langue des signes, c’est qu’ensuite nous ne pratiquons pas forcément tous les jours.
Moi, j’essaye de réviser avec mon petit garçon qui s’y intéresse aussi. » Ce premier pas dans le monde des sourds et malentendants n’a fait que conforter Christelle Lequin dans son choix. Et si la mairie de Lys-lez-Lannoy semble partante pour continuer à financer la formation, du côté de l’OMEP, visiblement, on s’interroge. Cette année, ils étaient sept dans le groupe. Mais l’an prochain ?
Christelle Lequin croise les doigts pour que les modules se poursuivent et qu’elle puisse valider de nouveaux savoirs pour être opérationnelle. Mais quoi qu’il arrive, Christelle Lequin aura déjà beaucoup appris. Et elle souhaiterait que ce genre d’initiatives se généralise, dans les administrations, les collectivités. « Ce serait déjà une étape », estime-t-elle.

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