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Hauts de Seine Habitat

L’inspecteur d’académie « surpris » de cette décision

« J’estime que l’on a apporté à la famille Vautier les principaux éléments de compréhension. » Alain Hirt, inspecteur d’académie chargé du handicap, est formel : l’institution a tout tenté pour que Philomène et ses parents ne quittent pas la cité montpelliéraine. D’après Akila Lamrani, professeur ressource pour les enfants handicapés, les solutions ne manquent d’ailleurs pas : « Nous avons proposé que Philomène rejoigne une classe d’enfants sourds qui intègrent, pour certains cours, une classe d’élèves dits “normaux”. Ses parents ont refusé, tout comme la solution lui permettant d’être scolarisée individuellement et suivie par une association. » Troisième possibilité pour la fillette : intégrer le CP à l’école Auguste-Comte, où ses parents voulaient l’inscrire,

et être suivie « au quotidien par une personne compétente en langue des signes ». Ceci pour la majorité des cours, le reste étant assuré par un AVS (auxiliaire de vie scolaire). « Nous n’avons pas les moyens d’individualiser les solutions à tout va » , commente Alain Hirt.
Refusée également. L’inspecteur d’académie ne comprend pas : « Nous avons la volonté de concilier la dernière législation de 2005 avec ce devoir d’éducation pour tous. Et d’ajouter : Nous mettons en place des pôles, dans deux établissements, qui allient enseignement ordinaire et traduction en langue des signes. » Face à ces multiples propositions et après les nombreux contacts avec les Vautier, Alain Hirt se dit « surpris de leur décision de quitter la ville ». Le choix de Poitiers serait lié, selon certaines sources, à « un militantisme d’irréductibles », qui, en somme, isole un peu plus la petite famille.
La difficulté de gérer la surdité d’un enfant aurait affecté François et Raphaëlle, qui, d’après d’autres sources, « sont prêts, poussés par le désir de bien faire, à croire n’importe qui ».

Source http://www.midilibre.com © 13 Juillet 2009 à Montpellier
1 commentaire
  1. Salmon Cécile dit

    M. Hirt, vos propos sont malhonnêtes, écoeurants, et donnent une image désolante de l’Education Nationale; pour justifier son manque d’engagement à appliquer la Loi -proposer aux parents d’enfants sourds qui en font le choix un enseignement bilingue de qualité: LSF(Langue des signes Française)/Français écrit .
    Retraitée de l’E.N., je peux en toute liberté vous exprimer ce que d’autres doivent étouffer en eux: l’avenir de leurs enfants passe par des décisions administratives, il ne faut surtout pas se fâcher avec les gens de votre importance!
    N’étant pas de votre région, je ne connais pas cette famille, mais beaucoup d’ autres qui vivent la même situation. Comment les présentez-vous? Utilisant une vieille méthode bien rodée, vous essayez de les faire passer pour des imbéciles, influençables, fragilisés, donc probablement irresponsables: ils auraient des problèmes de compréhension (première phrase) et, perturbés par leurs difficultés seraient prêts à croire n’importe qui, selon vos “sources”. Un petit conseil “Santé”: évitez donc ces sources anonymes, visiblement nauséabondes, choisissez l’eau du robinet.
    C’est quoi, “le choix de Poitiers”?, les “militants irréductibles”? Pour ce que j’en sais (je me suis renseignée) : une scolarisation en écoles publiques “ordinaires” de l’E.N. (avec des élèves “normaux” comme vous osez le dire, en fait les élèves de leur secteur, comme partout) de la Maternelle à la Terminale. Les élèves sourds y sont en regroupés, en “immersion”dans les classes: ils suivent les mêmes cours que les autres, leur temps scolaire n’est pas troué par la rééducation; ils ne sont pas les handicapés de la classe, ceux qui ne peuvent pas tout faire, ceux qui loupent des cours pour aller chez l’orthophoniste: ils sont ceux qui parlent et apprennent en LSF, qui apportent leur richesse et leur Langue à la classe, à toute l’école. Cela dure depuis une trentaine d’années, je crois; les jeunes adultes qui en viennent se définissent comme citoyens bilingues: c’est grâce à leur Langue des signes qu’ils sont à l’aise dans notre société, grâce à elle aussi qu’ils ont acquis un bon niveau (en général et en Français, en particulier!), qu’ils SONT A L’AISE AUSSI AVEC LES ENTENDANTS.
    Ces systèmes de scolarisation bilingue ne concernent hélas que 1% des enfants sourds français (n’hésitez pas à rectifier ce chiffre très approximatif: mes sources ne sont pas fameuses non plus… ) dans ce domaine le retard de la France est lamentable. Pour information, l’exemple inverse de la Suède: 30 ans de scolarisation bilingue (au moins une filière par secteur géographique, type département) aide aux parents pour se former à la Langue des signes (que les enfants soient appareillés, implantés ou non) Résultat: même taux de réussite scolaire, d’universitaires, d’accès à l’emploi que les entendants… je vous laisse méditer.
    Ce système revient infiniment moins cher que le nôtre; vous dites à juste titre “nous n’avons pas les moyens d’individualiser les solutions…” Solution: Dans une classe bilingue, les enfants sont regroupés , on fait l’économie des AVS individuels, et autres soins, y compris le très gros budget “psy”un gouffre à vie pour des personnes qui ne peuvent pas discuter librement (c’est à dire facilement) avec leurs proches.
    Mais alors, revenons dans notre pays? En fait qu’ont-ils refusé, ces parents, qu’avez-vous proposé qu’ils n’ont pas compris??
    Rien d’assez clair dans vos propos pour qu’on le sache, alors je vous parle de ce que je sais, de ceux que j’ai rencontré. On leur propose une filière basée sur le handicap: cela permet à L’E.N. de ne pas payer ce qui relève alors de “soins”spécialisés.
    “Scolarisation” en institut (ou classes spécialisées) ou ‘intégration” (dans des classes “ordinaires” avec une AVS et des temps de prise en charge pris sur le temps scolaire) On leur propose des cours “adaptés”, de petit niveau scolaire, pour qu’ils “suivent” (en Français,codé ou non, mais obligatoirement simplifié, ralenti) ils n’ont pas accès à tout le programme scolaire, sauf pour quelques cours. Ils “glissent” naturellement vers une CLIS puis UPI; ensuite… ce n’est plus votre problème. Certains réussissent scolairement, chaque département à son modèle à exhiber: généralement, un modèle d’efficacité technologique de l’audition et de l’engagement total des parents. Impossible d’avoir des chiffres, mais combien sont-ils réellement? si cela fonctionnait si bien, où sont les autres? Pourquoi, tous les Sourds que je connais n’osent-ils pas écrire? Pourquoi se marient-ils entre eux?? Au fait, parmi ceux que je connais, il y a des jeunes parents, ils ont des soucis … ils ne se sentent pas respectés: considérés comme Handicapés avant d’être citoyens, parents. S’ils ont un enfant Sourd: les professionnels entendants qui “pratiquent la LSF” ont un niveau de langage d’un enfant de maternelle, que vont-ils apprendre à des enfants qui parlent mieux qu’eux? Dans les structures bilingues, il faut des professionnels Sourds, compétents, capables d’appuyer leur pédagogie sur les compétences et approches spécifiques des Sourds; l’E.N. commence à s’engager dans leur reconnaissance professionnelle , c’est un progrès remarquable, mais ceux qui travaillent actuellement sont salariés par des asso ou la Santé.! L’E.N. reconnaît leur travail, vante son ‘intérêt mais se désengage complètement de leur emploi.
    J’espère qu’à terme, les choses vont évoluer dans le bon sens, et que vous ne réussirez pas à décourager tous ces parents qui se battent pour leurs enfants, quitte à abandonner leur sécurité professionnelle, leur région. En caricaturant leur engagement, c’est vous que vous ridiculisez.
    PS: un petit mot pour Sourds.NET: j’aurais bien aimé faire passer ceci dans le Midi-Libre, pouvez-vous?

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