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Hauts de Seine Habitat

La surdité pousse Philomène à quitter la ville

Jeudi dernier, maternelle Chaptal. Philomène, 6 ans, vit comme tous ses camarades sa dernière journée d’école.

L’année prochaine, direction Poitiers. Car Philomène est sourde. Et malgré tous leurs efforts pour continuer à scolariser la fillette à Montpellier, ses parents Raphaëlle et François Vautier se voient obligés de quitter la ville.
Pourquoi ? « Nous souhaitons que notre fille intègre une classe qui pratique le bilinguisme », explique sa maman. La technique consiste à faire cohabiter un enseignant et un co-enseignant signant, qui traduit les propos du premier, favorisant ainsi l’apprentissage et la culture de la langue des signes. « Au côté d’élèves qui n’ont pas cette différence, Philomène pourra progresser au mieux », pense François. Mais, dans la région,

aucun autre parent d’un enfant sourd n’entend suivre cette démarche. C’est là que réside le problème de la famille. D’autres solutions sont en effet proposées par l’Éducation nationale. « Elles ne correspondent pas à notre choix. Nous croyons véritablement à la vertu de l’apprentissage par le bilinguisme », martèlent les parents de Philomène, qui s’appuient sur la législation actuelle. La loi datée de 2005 certifie que « la liberté de choix entre une communication bilingue et la langue française est un droit. » « Un peu comme le logement, estime François. C’est un droit mais le temps qu’il s’applique… » La difficulté pour l’Éducation nationale, en charge du dossier, réside dans l’obligation de concilier les possibilités avec le nombre d’élèves qui les sollicite (voir ci-dessous). Ceci n’a pas empêché les parents de lutter, multipliant courriers et rendez-vous. On leur a d’ailleurs promis que le système allait rapidement être mis en place. Mais, il y a une semaine, retour à la case départ : un mail leur indique que cette démarche n’est finalement pas encore prévue. L’abattement se lit sur les visages de Raphaëlle et de François, désabusés, pour qui le combat devient « fatigant ».
Surtout que deux villes, en France, ont déjà instauré ce dispositif : Massy et Poitiers. « C’est fou que, dans le Sud, cette opportunité n’existe pas ! », s’agace François.
Alors, la famille Vautier s’est, pour l’instant, résignée à quitter travail, amis et famille pour rejoindre la préfecture de la Vienne. « On veut offrir le meilleur à notre fille mais aussi se battre pour tous les parents qui sont dans le même cas que nous. » Si l’école de Poitiers, dont le système date de plus de vingt ans, paraît idéale pour Philomène, le départ n’en sera pas moins difficile.
Ses parents continuent d’espérer, malgré eux, que leur fille retrouve une cour d’école montpelliéraine.

Source http://www.midilibre.com © 13 Juillet 2009 à Montpellier
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