Les classes en langue des signes menacées

LES ENFANTS sourds pourront-ils poursuivre leur scolarité à Massy ? Alors que la ville inaugurait, en septembre dernier, un dispositif de classes bilingues en langue des signes, inédit en Ile-de-France, la question de sa pérennité commence à se poser. Jusqu’ici, c’est Massy et le département qui finançaient le salaire des coenseignants, à hauteur de 40 000 € chacun. Ces derniers traduisent et expliquent en langue des signes le cours aux élèves sourds dans trois classes allégées de 18 élèves, deux à la maternelle des Coquelicots et une en élémentaire à l’école Roux-Tenon.

« II s’agit d’un service public, c’est à l’Etat de le financer »

Mais, comme le rappelle Vincent Delahaye, le maire (radical valoisien) de Massy, « la ville n’a pas vocation à financer ces classes ad vitam aeter-nam. » Avec Jérôme Guedj, élu d’opposition et délégué aux solidarités au conseil général, il vient d’adresser une lettre au ministre de l’Education nationale, Xavier Darcos, pour lui demander de prendre le relais. « Nous avons amorcé la pompe et fait la démonstration que cela fonctienne, se félicite Jérôme Guedj. Mais il s’agit d’un service public, c’est à l’Etat de le financer. C’est comme si on demandait à une ville et à un département de payer le salaire d’un commissaire… »
Pour autant, il n’est pas question pour l’instant de couper les financements à ces classes. Mais « il faudra trouver une solution, souligne Vincent Delahaye. Cette subvention était exceptionnelle et représente beaucoup d’argent »
Laure Berton, vice-présidente de l’association les Yeux pour entendre, qui a porté le projet, « n’envisage pas un retour en arrière » et reste « optimiste ». « Cela me paraît inconcevable », répète la jeune femme.
A l’Inspection académique — qui participe en allégeant les classes à 18 élèves —,. on souligne qu’il n’existe à l’heure actuelle que deux façons d’intégrer des enfants sourds en classe : soit dans des classes d’intégration scolaire (Clis), soit au sein d’une école classique avec l’aide d’un auxiliaire de vie scolaire. Autrement dit, faute de rentrer dans le cadre de l’Education nationale, le projet des Yeux pour entendre ne pourra pas bénéficier de ses subsides. A moins que Xavier Darcos en personne ne fasse un geste…

Source http://www.leparisien.fr © 13 Mars 2009 à Massy
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