La main des sourds

Festival de théâtre: Textes, expressions scéniques et signes LSF !

La 28e édition du festival Gaby Laboucarie (organisation CDTA 05) aura lieu à Gap au CMCL les 21, 22 et 23 mai. Le théâtre y est totalement à l’honneur. Des spectacles gratuits avec des troupes invitées et un évènement exceptionnel conçu et joué par l’atelier théâtre du Comité départemental du théâtre amateur 05, un des spectacles traduit simultanément en langue des signes française (LSF) pour les personnes sourdes. Parallèlement au festival ont lieu des stages de formation aux arts du théâtre.

“Microfictions” avec doublage LSF… une première !
« C’est la première fois qu’un spectacle culturel dans les Hautes-Alpes est accessible au public sourd », se réjouit Elisabeth Evrard, interprète professionnelle LSF et interprète expert près la Cour d’appel, qui assurera une partie de la traduction simultanée du spectacle “Microfictions” proposé par le CDTA 05. L’autre partie sera sur-titrée en vidéo. C’est en compagnie de Sophie Mazin, sourde, professeur de LSF dans les Hautes-Alpes, conteuse et éducatrice que nous la rencontrons.

« Il est important pour l’interprète qui va transcrire une œuvre théâtrale de travailler aussi en binome avec une conseillère technique LSF sourde, pour exprimer toute la finesse de la langue des signes dans l’univers artistique, en prenant en compte également les attentes du public sourd », précise l’interprète.

En effet, l’interprète LSF maîtrise l’interprétation, mais la personne sourde ajoute sa sensibilité artistique. Comme l’annonce le programme du festival, le texte est l’adaptation “d’une quarantaine de nouvelles brèves, décapantes, d’humour souvent noir, cru, voire très cru” pour “public averti” et “public très averti”. Mais comme l’indique Sophie Mazin, « les sourds ont aussi ce vocabulaire ; pour les personnes entendantes, ce sont des jeux de mots que les sourds ne comprennent pas : pour nous c’est plus iconique, les sourds s’amusent beaucoup par des jeux d’image ».

Artistes en scène : interprètes plus “interprète”
Les artistes qui joueront le texte en scène l’interpréteront. L’autre “interprète” le traduira en langage des signes. « L’interprétation dans le domaine du spectacle n’a rien à voir avec l’interprétation dans les situations de la vie quotidienne », concède Elisabeth Evrard, en pensant conférence, entreprise, besoins personnels de communication du public sourd. Elle conclut en indiquant que son interprétation, « c’est musculaire, c’est cérébral, le cerveau entend les phrases, les décode puis les transcode en signes ». C’est l’écoute et la traduction en temps réel, avec la simultanéité de l’écoute sensible, de l’interprétation dans une expressivité totale du visage et du corps. Les pauses sont donc nécessaires : au-delà de vingt minutes, il faut un relais.

Le programme
– Aujourd’hui jeudi 21 mai à 17h, “Roses de Picardie” de Jean Bois, par l’Epikos Théâtre (83) ; à 21h “L’amour à Madagascar” de Peter Turini, par les Tréteaux du Charrel (13).
– Demain vendredi 22 mai à 17h, “Messe pour un sacre viennois” de Bernard Costa, par Monaco Art et scène compagnie ; à 21h “Créanciers” d’Auguste Strinberg, par le Puits à Coqs (04)
– Samedi 23 mai “Microfictions”, adaptations de textes par l’Atelier théâtre du CDTA 05, de 18 à 19 heures pour “public averti” et 20 à 21h pour “public très averti” (spectacle accessible aux personnes sourdes).

Source http://www.ledauphine.com © 21 Mai 2009 à Gap

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