Le portail d'information sur les sourds et langue des signes
<> <>
Hauts de Seine Habitat

La parole aux sourds

EDUCATION. Depuis sept ans, le collège Jean-Lecanuet intègre des jeunes malentendants. Des amitiés très fortes sont nées entre les adolescents. Un bel exemple de solidarité.

Chaque jour, ils repoussent les barrières du silence. Pierre, Marina et Alexis sont sourds, malentendants, et ont grandi avec cette différence. Aujourd’hui, grâce à l’unité pédagogique d’intégration (UPI) du collège Jean- Lecanuet, ils suivent les mêmes cours, partagent les mêmes activités que les autres jeunes de leur âge.
Un idéal de mixité qui satisfait les sourds comme les ouïes fines. « Avant le CM2, je n’étais qu’avec des enfants malentendants, raconte Marina, en 3e, qui s’exprime sans difficultés. Je préfère être avec des entendants. C’est important de s’ouvrir aux autres. »
Sa copine Nadine, non déficiente, ne voit pas la différence. « Quand je suis avec elle, j’oublie son handicap. »
Pour les enseignants aussi l’expérience est bénéfique. Les jeunes privés d’audition ayant besoin de calme, les classes qui les accueillent sont en effectif réduit : quinze personnes maximum. « C’est un grand confort de travail, s’enthousiasme Brigitte Boulier, professeur de français. Cela nous permet d’être plus attentifs au besoin de chaque élève. »
Pour suivre les cours, les collégiens de l’UPI lisent sur les lèvres des professeurs. Et ils peuvent toujours compter sur les auxiliaires de vie scolaire (AVS), qui les aide, grâce au langage parlé complété (1) (LPC), à mieux identifier les sons émis par l’enseignant.
Dès qu’ils ont un moment libre, les ados poussent la porte de la salle 104. Sur les murs, des photos entre copains, des fiches détaillant le LPC… Ici, c’est leur espace, leur univers. C’est là qu’ils retrouvent Pierre Chédeville, professeur référent du Sessad Beethoven (service d’éducation spécialisé et de soins à domicile). « Mon rôle est de les accompagner dans leur scolarité, de les préparer à l’avenir… Je m’assure que tout se passe bien. »
En cas de besoin, Pierre les assiste aussi dans leurs devoirs. Marina et Alexis font partie des meilleurs élèves du collège, mais il n’est pas toujours évident de composer avec un vocabulaire qu’ils n’entendent pas. Entre eux, la plupart des jeunes de l’UPI utilisent la langue des signes. « Cela les repose un peu, lance Pierre. Le reste du temps, ils doivent être concentrés pour nous comprendre. » Une heure de langue des signes est d’ailleurs prévue dans leur emploi du temps, ainsi que deux heures avec l’orthophoniste. En contrepartie, ils sont dispensés de musique. Peu à peu, les entendants aussi demandent à apprendre la langue des signes. « A force de les voir, ça donne envie », confie Océane, une élève de 6e. Pour être réussie, l’intégration doit marcher dans les deux sens…
Céline Bruet
(1) Le langage parlé complété permet, par une série de gestes simples, de traduire tous les sons de la langue parlée. A ne pas confondre avec la langue des signes, qui est une langue à part entière.
Ils suivent
les cours en lisant
sur les lèvres
des professeurs

Site : http://colleges.ac-rouen.fr/lecanuet/SPIP-v1-8-2-g/spip.php?rubrique5

Source http://www.paris-normandie.fr © 28 Mai 2009 à Rouen
Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.