Un coup de pouce pour la langue des signes

Pour la première fois en Alsace, dix élèves de terminale vont passer l’option langue des signes au baccalauréat. Un candidat alsacien et sa formatrice évoquent l’intérêt de cette langue.

Une langue « facile »

« On communique plus facilement avec le la langue des signes. On est plus à l’aise et c’est plus rapide », témoigne Pierre Bernabé, un élève de 19 ans qui prépare un bac technologique de mécanique au lycée Couffignal à Strasbourg. Déficient auditif depuis sa naissance, Pierre apprend la langue des signes depuis six années à raison d’une heure par semaine avec Catherine Banzet, une formatrice du centre Jacoutot au Neuhof. Un centre qu’il connaît bien puisqu’il y a été élève durant quatre ans avant d’entrer au collège. Ses parents valides y ont aussi appris la langue des signes.

et très réactive

Parmi les différentes matières du bac, Pierre présentera l’anglais écrit en langue vivante 1 et l’option langue des signes qui est sa langue vivante 2. Depuis la loi du 11 février 2005 sur l’égalité des chances, cette langue pratiquée par 80 000 personnes en France et partagée dans le monde francophone, est reconnue comme langue à part entière. Pour la première fois, elle a été proposée comme option au bac 2008. Près de 200 candidats, dont une cinquantaine en région parisienne mais aucun en Alsace, l’avaient présentée.
Cette année, dix candidats alsaciens ont choisi cette option, dont un candidat valide. « Il est important de faire connaître la langue des signes », indique Pierre. « Elle est facile », même si elle comporte des milliers de signes pour exprimer des objets, des sentiments, des noms propres… « Trois signes seulement désignent les temps présent, passé et futur et on peut toujours trouver une solution pour exprimer des mots rares ». Très réactive, cette langue, qui a aussi son langage jeune, s’enrichit constamment de nouveaux signes.
Ainsi pour caractériser Obama. « Ces nouveaux signes circulent très vite grâce à la télévision, à internet, aux conférences… », explique Catherine Banzet avant d’insister sur « l’importance de l’expression faciale ».
Un enseignant de la région parisienne viendra le 15 juin au rectorat de Strasbourg pour faire passer l’option langue des signes.

Un avantage,
il est bilingue

L’an passé, les candidats devaient choisir entre une photo et un texte. Ils avaient 20 minutes de préparation pour la présentation du support et la discussion. Pour Pierre, comme pour sa formatrice, cette épreuve représente « une inconnue ». « J’ai tout donné. C’est mon premier élève qui passe le bac », souligne Catherine Banzet. Dans ces moments, la formatrice est presque plus angoissée que l’élève.
Plutôt serein, Pierre a déjà surmonté bien des difficultés. Ainsi, quand il est passé du centre Jacoutot au collège. « En primaire, tous les cours étaient en langue des signes. Quand je suis arrivé au collège, au début, c’était la catastrophe. C’était horrible, ma vie avait complètement changé ». Ce n’est plus qu’un mauvais souvenir.
Aujourd’hui, Pierre aime communiquer avec tous ses copains qu’ils soient valides, malentendants ou sourds. Mais il a un avantage puisqu’il est bilingue.

Source http://www.dna.fr © 28 Mai 2009 à Strasbourg
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