La main des sourds

En sport, l’élève sourd dépasse le handicap

La démarche de l’Union du sport scolaire se veut éducative. Hier, ils étaient 83 jeunes sourds, venus de Nantes, Angers et de Vendée, sur la plage de La Bernerie-en-Retz.

Nuri, 17 ans, élève à l’institut nantais de la Persagotière, monte dans un canoë. « C’est agréable de faire du sport avec d’autres sourds. » Ça change du foot qu’il pratique en club avec des entendants. « C’est dur de communiquer avec des entendants qui ne savent pas signer. On se débrouille quand même… » Nuri a réussi cette intégration.C’est bon signe. Les jeunes sourds ont le sourire. Ça discute sérieusement sur la cale de la base nautique de La Bernerie-en-Retz. Un dialogue en langue des signes. Les professeurs gesticulent les consignes. « Quand ils sont sur l’eau et s’éloignent du bord, on ne peut plus communiquer. Inutile de crier, et s’ils ne regardent pas vers nous, les gestes ne servent à rien », commente une éducatrice.

Nicolas, 14 ans, footeux également, se sent parfois isolé. « Avec les entendants, on utilise le mime. Certains copains sont curieux, je leur apprends des signes. » À l’inverse, Arnaud, 13 ans et demi, de Challans, garde un mauvais souvenir du sport avec des entendants. « Je voulais m’intégrer, mais les entendants se moquaient. J’ai laissé tomber. » Il a besoin de dépenser son énergie. L’an prochain, il fera du foot avec des sourds. En UNSS peut-être.

« Il est plutôt doué »

C’est l’Union du sport scolaire qui organisait cette journée sportive, hier. « Le but n’est pas la gagne, mais l’épanouissement des jeunes dans des équipes de sourds. Le sport n’est qu’un prétexte à l’éducation et à l’échange. Il les aide aussi à se structurer », insiste Antoine Vayer, directeur départemental de l’UNSS 44.

Sur la plage, les ados de 11 à 18 ans ont fait du beach volley, de l’ultimate, du hand. De la voile aussi. « Nous voulons montrer que dans le sport, le sourd n’est pas handicapé. Au contraire, il est plutôt doué car sa vision n’est pas polluée par la parole », remarque Jean-Yves Le Capitaine, chef de service à la Persagotière. Le « signe » de la fin revient à Nuri. « En sport, entendants et sourds parlent la même langue. »

Source http://www.angers.maville.com © 28 Mai 2009 à Nantes

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.