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Ludovic et Marie, deux sourds qui entendent réussir

On compte quatre millions de déficients auditifs en France Dans cette période de fin d’année scolaire où beaucoup de jeunes s’interrogent sur leur avenir, freinant parfois leur ambition devant l’ampleur de la tâche, la réussite de Marie et

Ludovic peut, peut-être, les éclairer. Ludovic a 24 ans et termine avec succès sa troisième année d’ingénieur en fabrication et qualité de structures chaudronnées à Nîmes. Sa soeur, Marie, 21 ans, a passé brillamment sa troisième année de médecine à Toulouse. Rien d’extraordinaire direz-vous pour ces deux jeunes qui ont fait leurs études premières et secondaires à Rodez.
A un détail près : ils sont sourds. Et sont en train de réussir là où beaucoup ne leur prédisaient qu’une succession d’échecs. Ne pouvaient imaginer les voir réussir avec

ce handicap. C’est par les mots travail et heures passées à “bûcher” qu’ils expliquent humblement leur réussite. Qui est aussi celle de leur mère, Sylviane. Dès la première heure, elle a été leur soutien. Celle qui leur a ouvert les portes que d’autres maintenaient fermées.
Car aux mots “travail” et “bûche”, on peut aussi rajouter une farouche volonté de réussir. Puisqu’il faut bien l’avouer, le parcours a été semé d’embûches. « J’ai toujours voulu faire médecin. Depuis toute petite. Jamais je ne m’étais dit que mon handicap pouvait m’empêcher d’y arriver, hormis quand je suis arrivée à la fac de médecine. » Marie a en effet dû entendre de la part de professionnels « qu’elle n’avait rien à faire dans ces études-là avec ce handicap. » Chaque jour qui passe, elle leur prouve un peu plus le contraire.
Ludovic, lui, a failli tout abandonner en première, pour ces mêmes propos qui visaient à l’empêcher d’avancer. « Aujourd’hui encore, heureusement qu’il y a les potes. Ils me soutiennent. » Une anecdote : « Je lis sur les lèvres. Si quelqu’un me parle bien en face, je n’ai aucun problème pour comprendre. Au début de l’année, je me mets devant, le prof fait son cours, et oublie parfois qu’il ne doit pas être trop loin de moi. Je lui fais signe une fois, deux fois… après j’abandonne. Lassé. Et là, ce sont les camarades qui rappellent au prof de venir devant… » Marie, elle, raconte : « Quand je suis arrivée en première année de médecine, un enseignant référent devait signaler mon handicap à l’ensemble des intervenants. Jamais cela n’a été fait. Il y a même des enseignants qui ont eu la surprise de découvrir que j’étais sourde au milieu de l’année. » Chacun de ces propos est dit sur un ton neutre. Pas de colère, ni de fatalité. Juste l’habitude d’avancer dans un parcours semé d’embûches. Sylviane, la maman, elle, est parfois en colère. Parce qu’elle trouve injuste que quelques-uns aient déterminé d’emblée que parce que ses enfants étaient sourds, ils n’auraient pas droit à des études comme les autres. « Il a fallu se battre. Dès leur plus jeune âge. Parfois avec des enseignants, souvent avec l’administration. » Mais Sylviane, enseignante dans le secondaire à Rodez, n’a jamais lâché. « Quand ils étaient au collège et au lycée, les vacances c’était du 1er au 15 juillet. Après, tous les matins, il y avait des devoirs. » Si les sourds acceptent l’idée que, pour être intégrés dans la vie des autres, ils ont une partie du chemin à accomplir, ils aimeraient que leurs interlocuteurs fassent aussi une partie du chemin. « Heureusement, ils sont également tombés sur des enseignants supers. Qui ont pris en compte leur handicap. » Elle sait de quoi il en retourne.
Aujourd’hui encore, tout n’est pas simple. Dernièrement, Sylviane a dû rassurer une secrétaire administrative paniquée à l’idée d’avoir un entretien avec Marie. Elle a eu beau lui dire qu’elle se débrouillait très bien, lisait sur les lèvres sans problème. Rien à faire. Ce qui fait sourire Marie. « Dernièrement, j’ai fait un stage dans un point santé. Cela, s’est très bien passé. Je me suis occupé de différents patients, notamment d’un nourrisson. » Elle préfère retenir cette expérience. Comme son frère Ludovic qui, lui, s’épanouit dans son métier au travers de différents stages.
Ludovic et Marie, qui ne se lassent pas de passer des moments de répits à Castelnau-de-Mandailles, avancent aujourd’hui sur leur chemin professionnel avec une certaine fierté. N’en déplaise à leur humilité, ils sont également des exemples tout aussi encourageants pour les personnes handicapées que pour ceux qui croisent leurs chemins et hésitent encore à leur faire confiance.

Source : http://www.midilibre.com © 25 Mai 2009 à Nîmes

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5 commentaires

  1. J’en suis fière de vos réussites et nous sommes également sourds ainsi que nos enfants. Il faut toujours montrer au public ce que font les personnes sourdes.

  2. je suis très content pour vos réussites et moi aussi,je suis sourd profond,j’habite à Tunis ,j’ai obtenu la diplôme (Maitrise en informatique de gestion) Bac + 4 depuis 10 ans

  3. Toutes mes félicitations pour vos études, je suis bien content pour vous. Moi, je suis sourd profond comme vous (je crois) et je réussis bien mes études. Mon ambition est de devenir ingénieur en cartographe, en fait je suis actuellement en classe préparatoire pour grandes écoles et mon objectif est d’intégrer à l’école des ingénieurs. Cette année est vraiment excellente grâce à l’ambiance de classe et mes professeurs, je suis vraiment surpris voir ça mais je suis très content.
    Je dois continuer comme vous !

    Pour Vernay, je suis entièrement d’accord avec vous sur vos propos, il faut montrer quoi nous sommes capables à nos jeunes sourds et surtout aux parents qui ne connaissent pas sur les sourds. Il y a quelques choses, que je deteste le plus, comme des parents ne sont pas assez strict ou raisonnables (po trop) avec ses enfants sourds.

    Je suis content qu’il existe les sourds qui reussissent ses bonnes études avec leur courage.

    à bientôt

  4. TOUT MES FELICITATIONS DE VOS REUSSITES ETUDES ET AUTOUR DE VOUS A VOS RESPECTS D ATTENTION DE COMMUNICATION
    FIER D ETRE SOURD A TOUT QUALITE ET DE RICHESSE DE COTE DE LA CULTURE SOURDE EN PLUS

  5. Ce qu’ils ont fait me rappelle ma scolarité ( DUT maintenance ).
    C’était ,il y a 10 ans .
    L’handicap était encore plus tabou qu’aujourd’hui.
    la surdité était facilement répertorié IDIOT .
    Les sarcasmes par les enseignants , et de camarades de classe étaient fréquents.
    Cela met les nerfs à rude épreuve comme il est dit dans cette article.
    Il est signalé aussi qu’un sourd doit travailler bien plus qu’un individu ” normal ” pour réussir à d haut niveau.
    Je ne compte pas le nombre de livres que j’ai lu pour gagner mes victoires scolaires.
    IL FAUT ÉNORMÉMENT DE VOLONTÉ ET AVOIR LES NERFS SOLIDES .

    Beaucoup de ” valides ” face à des sourds préfèrent nous placer dans des instituts que ja qualifie de ghettos pour nous cacher de la société.
    les anciennes cOTOREP , maisons de l’handicap aujourd’hui.

    peu d’entres nous parmi lles sourds arivent à faire un haut niveau d’études à cause du cordon sanitaire ( fossé ) entres les entendants et sourds.
    Pourtant lorsque le problème de la communication est résolu .
    Le monde des sourds a soif de connaissance parfois je fais des débats , discussions sur tous les sujets actualités, histoire , explicatioon de livres que j’ai lu …
    JE suis ému devant une telle soif d’apprendre.

    NON LES SOURD NE SONT PAS DES IDIOTS !!!
    ils souffrent de la mauvais image qu’on leur a mis sur le front par la société trop sélecvtive jusqu’à l’absurde sur le modèle humain

    La langue des signes pour moi est une aide pour parler à des sourds où malentendants.
    Mais pour se fondre dans la masse sociale il faut lire sur les lêvres et parler !!!
    C’est une chose pas facile pour tout le monde.

    Alors pensez donc que moi aprfois je parle au micro sur une tribune devant un nombre de personnes .
    En plus du stress ,je dois faire attention à ne pas élever la voix.

    Je me dis souvent face à une difficulté:
    CE N’ES PAS DIFICILE NI FACILE.
    C’EST A FAIRE POUR ABOUTIR AU BUT QUE JE ME SUIS DONNÉ.

    Que tous les lecteurs de ce site en fassent autant dans tous les domaines .
    Et nous nous ferons entendre .

    Notre faiblesse est de rester trop entres nous .

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