Le soundpainting, une autre langue des signes

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Là, ce n’est pas pour les malentendants, mais pour les musiciens : le soundpainting est une manière de diriger une prestation musicale improvisée. Un vocabulaire de plus de 800 signes, essentiellement avec les mains, pour dire “les cordes, vous faites un son long et grave”, “les autres, vous improvisez en parlant” (et là, eh ben il faut en trouver des choses à dire, pas question d’être à court de mots), ou encore “tout le monde, vous arrêtez à mon signal”, et même “les filles (geste de fille qui se lisse les cheveux en arrière) vous faites des sons courts et aigus” pendant que “la première flûte improvise”.

Le soundpainting (*) peut être appliqué à un morceau donné, ou directement à partir de rien, dans une logique plus musique contemporaine. Parfois, le chef demande de mémoriser ce qui est en train de se passer, pour pouvoir le redemander plus tard. Il y a même “mémoire 1″, “mémoire 2″, etc. Belle occasion de se planter si on ne sait plus ce à quoi ça correspond. On se demande même s’il ne faudrait pas se faire greffer un disque dur pour stocker tout ça.

Parfois, la consigne est assez compliquée : un geste pour dire qui est concerné, un autre pour dire par quel moyen le son devra être émis (avec son instrument, avec sa voix, avec son instrument mais dans un registre inhabituel …), puis d’autres encore pour décrire le son à produire (long, court, aigu, grave). Franchement, y’a de quoi se perdre, surtout quand on débute.

C’était mon cas, le week-end dernier : deux jours de stage pour préparer une prestation pour les 10 ans de l’association Tempo Jazz de Lannion (site web en cours de réalisation … par mes soins : et voilà, au lieu de faire le site je suis en train de dégoiser sur mon blog) : séquence soundpainting sur des musiques festives, Lubat et reprises Nino Ferrer, Beatles et autres. Deux jours pour avaler quelques dizaines de ces signes cabalistiques, et de belles occasions de rigolade, notamment quand le chef nous a demandé à brûle-pourpoint, à nous les trois chanteuses de l’orchestre, de chanter avec de l’eau au fond de la gorge : trouver de l’eau, en prendre une petite gorgée (pas trop, sinon ça déborde), lever la tête pour que l’eau reste au fond de la gorge, et chanter en essayant de ne pas tout cracher sur le micro, tout en restant sérieuses pendant que le reste de la troupe se bidonne. Difficile !

Il n’empêche, si vous êtes amateurs de musique et pas trop loin de Lannion le samedi 17 octobre 2008, venez aux 10 ans de Tempo Jazz, ça vaut le détour. Affiche et infos dans un prochain billet.

(*) créé par Walter Thomson. Plus d’infos sur son site (en anglais)

Source : http://www.a-lebot.net © 23 Septembre 2008

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