La main des sourds

Le musée expliquée aux sourds et malentendants

Dans la continuité de son ouverture aux publics souffrant de handicap, le musée municipal propose, ce week-end, des visites en langue des signes

«La vocation d’un musée, c’est d’être un lieu de démocratie culturelle, comme on dit. » Séverine Bompays s’est attachée à en faire une vérité. Parce qu’être conservatrice d’un musée, c’est agir pour rendre accessible l’art au plus grand nombre. Dans le cas d’espèce, aux personnes souffrant d’un handicap, quelque qu’il soit.

De plain-pied

Depuis plusieurs mois, le musée municipal de l’avenue de Paris est en mesure d’accueillir les personnes dites à mobilité réduite. Il a suffi de quelques améliorations du bâtiment pour le mettre aux normes d’accessibilité. « Un miroir plus bas dans les toilettes, une sonnette à l’entrée. Nous avons de la chance car, lorsque cet ancien marché couvert a été réhabilité, tout a été prévu pour qu’il soit de plain-pied », se réjouit Séverine Bompays. « De manière systématique, également, nous avons toujours prévu des passages suffisamment larges lors de l’installation des expositions temporaires. »

Le musée de Royan peut même ouvrir ses portes à un public souffrant d’un autre handicap, mental celui-là. La commission, chargée par l’association « Tourisme et handicap » d’inspecter le musée royannais, a considéré que les animations que Séverine Bompays destine aux scolaires constituaient une bonne approche pour des personnes atteintes de déficience mentale.

Cécité, surdité, autre étape

Ouvert à tous les handicaps, le musée municipal ? Pas tout à fait, pas encore, en tout cas. Le handicap est pluriel, dans ses formes comme dans les moyens à mettre en oeuvre pour que l’accès à un établissement, public ou privé, culturel ou administratif, soit possible à tous.

En l’état, le musée de Royan n’est pas en mesure de satisfaire pleinement les visiteurs atteints de cécité, de malvoyance ou de surdité. « Y parvenir va demander davantage d’investissements » ne cache pas la conservatrice du lieu. « Certains aménagements ne seront pas extrêmement compliqués à mettre en oeuvre, tel qu’un changement de mobilier dans les toilettes, en choisissant des meubles de couleurs différentes, pour faciliter leur reconnaissance par des personnes malvoyantes. »

Plus complexe et coûteux, l’amélioration de la réglementaire alarme incendie devra tenir compte des sourds et malentendants. Jusqu’à présent, l’alerte est… sonore uniquement. « Il faut la compléter par un système visuel. C’est une chose tellement bête quand on y pense, mais justement tellement évidente que nous, personnes valides, n’y pensons pas. C’est pourquoi, avant d’envisager de nouveaux aménagements, nous devrons faire appel à de vrais spécialistes de ces formes de handicap qui, eux, sauront nous orienter vers les améliorations à apporter. »

Visite en langue des signes

Son accessibilité aux personnes en fauteuil et aux personnes atteintes de déficience mentale a valu au musée la première partie du label « Tourisme et handicap ». Avant de franchir une nouvelle étape en devenant également accessible aux déficients visuels et auditifs, le musée franchit un premier pas symbolique ce week-end. Yves Prudhomme, lui-même sourd, enseignant en langue des signes, animera une visite des expositions permanentes et temporaires, en langue des signes donc. Une démarche parmi d’autres possibles pour faire du musée local un « lieu de démocratie culturelle », durablement.

Pratique : les visites en langue des signes du musée municipal, 31, avenue de Paris, débuteront à 14 h 30, samedi et dimanche. Elles seront limitées à quinze personnes par visite, sur réservation au 05 46 38 85 96.

Source : http://www.sudouest.com © 21 Mars 2009 à Bordeaux

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