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Florentin, sourd, découvre l’entreprise

Jeunes correspondants. À 19 ans, Florentin Grizon, parle « une langue étrangère », la langue des signes. Flavie Gauthier, correspondante solidaire, l’a rencontré.

Profil

Il a l’apparence de beaucoup de jeunes de 19 ans : cheveux bruns, diamants aux oreilles, jeans et veste de sport. Pourtant, Florentin Grizon est sourd depuis sa naissance. « Je n’ai pas de handicap, je m’exprime en quelque sorte dans une langue étrangère, la langue des signes «, insiste-t-il tout au long de l’entretien traduit par sa cousine Amandine. Comme tous les jeunes de son âge, il surfe sur internet, utilise des messageries instantanées avec la webcam.

Le week-end, il retrouve ses amis au Club sportif des sourds de Nantes, qui organise des rassemblements entre des associations de sourds en France.

« Samedi dernier, il y avait un match de foot, Nantes contre Bordeaux. Ce genre d’événement permet de faire des nouvelles rencontres dans d’autres villes. » Une vie sociale bien remplie donc.

Attiré par les lumières

Durant sa scolarité, ce Nantais de 19 ans a alterné les classes d’enfants sourds et les classes d’entendants. Une intégration difficile pour lui car il a dû changer d’établissement plusieurs fois. En partenariat avec les écoles, l’institut la Persagotière le suit et l’accompagne dans ses études. Aujourd’hui, Florentin est au Centre de formation des apprentis La Maison Blanche à Saint-Herblain où il étudie l’électricité.

« L’électricité a été une vocation pour moi, je suis attiré par les lumières depuis que je suis tout petit. » Pendant une semaine, il assiste à des cours théoriques dans une classe d’entendants. Une personne, une interprète, traduit pour lui en langue des signes. « C’est difficile pour moi de suivre quand les professeurs parlent trop vite. Certains mots techniques n’existent pas en langue des signes. » Par chance, son interprète a créé un code pour ces mots spécifiques.

En alternance, Florentin travaille comme apprenti dans une entreprise d’électricité à Vertou. Il répare les armoires électriques, s’occupe de l’éclairage pour des établissements privés, des magasins, des cabinets médicauxAvec les autres ouvriers, il communique par mime ou par écrit : « J’utilise parfois les mails ou les SMS pour contacter mes collègues. »

Certains lui demandent même de leur enseigner quelques signes. « Je leur donne des sites internet qui sont faits pour apprendre à signer avec des vidéos : www.websourds.org, www.pisourds.ch ».

Florentin le répète : il aimerait que les entendants considèrent la langue des signes comme une langue étrangère, qu’elle ne soit pas un obstacle à la communication.

Source : http://www.ouest-france.fr © 23 Mars 2009 à Nantes

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