La main des sourds

Entendants et sourds se retrouvent dans un « café signes » à Outtersteene

Un petit groupe de jeunes, sourds ou mal entendants, a lancé l’initiative en janvier. Elle remporte un joli succès. Il s’agissait d’ouvrir à Outtersteene, hameau de Bailleul, un « café signes », autrement dit des temps de rencontre entre gens de deux mondes qui, bien souvent, restent séparés.


Toutes générations confondues, le «café signes» propose des rencontres très conviviales.

Comme les trois mousquetaires, ils sont quatre : un groupe de jeunes plus une maman qui leur sert d’interprète. Anthony, 21 ans, et Maxime, même âge, sont malentendants. Le premier travaille à l’imprimerie municipale de Ronchin et le second suit une formation au château de l’Orme à Hazebrouck. Sarah, 30 ans, sourde et muette, est aide-ménagère. Tous trois ont voulu rompre l’isolement, avec l’aide d’Édith, la mère de Maxime, sensibilisée au problème puisque ses parents, déjà, étaient malentendants.

Il existait déjà des « cafés signes » dans la région, à Saint-Omer, Armentières, Dunkerque, Cambrai ou encore Boulogne. Mais rien en Flandre intérieure. Alors, ils se sont lancés avec l’aide de M. Moreau, qui tient le café sur la place d’Outtersteene.

Un vendredi par mois

Un « café signes », c’est un rendez-vous périodique dans un café où se retrouvent des sourds et des malentendants, mais aussi des entendants qui veulent aider les premiers à rompre l’isolement dans lequel ils sont encore trop souvent enfermés. Il y a bien des forums sur Internet, sur lesquels, grâce aux webcams, sourds et malentendants échangent en pratiquant la langue des signes (lire aussi ci-dessous). Mais rien ne remplace le contact direct, la convivialité d’une soirée tous ensemble.

Il ne s’agit pas de cours pour enseigner la langue des signes aux entendants, même si c’est pour eux l’occasion de la découvrir et, peut-être, d’aller plus loin. C’est surtout un temps d’échanges, un vendredi par mois, au cours duquel Édith Dubaele sert d’interprète entre les deux mondes qu’elle connaît bien. « Je comprends, explique-t-elle, mais le faire, ça dépend. Je pratique pour des gestes simples comme pour bonjour ou au revoir, mais pas pour de longues phrases… » Il ne faut pourtant pas longtemps pour que, sans qu’elle s’en rende compte, les mains d’Édith se mettent à « signer » pour appuyer son propos. Elle est admirative devant ce langage. Elle répète qu’elle trouve magnifique ce ballet des mains qui donne du sens à de simples gestes.

Le groupe fonctionne de manière informelle, à la différence d’autres « cafés signes » comme celui de Saint-Omer qui est structuré en association et assure des cours de langue des signes. Plus tard, Outtersteene en fera peut-être autant. Pour l’instant, le groupe ne fait que s’étoffer au fil de ses rencontres conviviales. qui attirent de plus en plus de monde.

Source :  http://www.lavoixdunord.fr © 17 Mars 2009 à Outtersteene

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