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Sourds : à l’école, les mains ont la parole

Une quarantaine d’élèves de CP et de grande section de l’école Saint-Louis-de-Gonzague apprennent la langue des signes. Et à découvrir les différences des autres.

Ici, on parle avec les mains. Pendant le cours, seuls quelques mots sont échangés, comme murmurés. Les petits élèves « écoutent » avec attention ce que dit Nacera. Pourtant, presque aucun mot ne sort de sa bouche. Rien de plus normal. La jeune femme est formatrice en langue des signes française (LSF).

Depuis septembre, Nacera Benyounes enseigne la langue des sourds à une quarantaine d’écoliers de grande section et de CP de Saint-Louis-de-Gonzague. Cette démarche ¯ semble-t-il unique en Mayenne avec d’aussi jeunes élèves ¯ s’inscrit dans le projet de l’école pour 2008-2009 : « À la découverte de nos différences ».

Pas de question sur le handicap

« J’avais rencontré Nacera au mois de juin, explique Élisabeth Delacommune, enseignante en CP. J’ai eu un coup de coeur pour son travail. Le fait que mes élèves apprennent la langue des signes leur offre aussi la possibilité de s’ouvrir, d’aller vers des enfants différents. Ce n’est pas toujours facile. »

Les élèves de grande section de Virginie Bouvet font partie de cette jolie aventure. L’école Saint-Louis accueille déjà des enfants handicapés (mais aucun n’est sourd). Pendant le cours, pas de chiqué : les enfants sont vraiment attentifs aux gestes que fait Nacera pour parler.

« Les enfants ne se posent pas de question sur le handicap. Ce sont plus les adultes qui le font, explique Nacera Benyounes. Ils ont soif d’apprendre cette langue. » Pendant la récréation, peu de temps avant le début du cours, des élèves de CP étaient venus spontanément la voir pour savoir comment on disait tel mot en langue des signes.

« Je m’en sers aussi comme support en français. En langue des signes, on pense ”en images”. Cela les aide à mieux structurer leurs phrases », a pu constater Élisabeth. Des progrès ont également été constatés dans l’apprentissage de l’anglais.

L’enseignante se prend aussi à utiliser la dactylologie (épeler les mots en langue des signes) pour aider ses élèves à mieux entendre et prononcer un mot. Des liens se tissent avec l’institut Paul-Cézanne de Fougères (Ille-et-Vilaine), qui accueille des enfants sourds.

« Un de mes élèves m’a dit qu’il avait croisé un enfant sourd dans un magasin. Il lui a dit bonjour en langue des signes », glisse Élisabeth en souriant. L’école ne doit pas être qu’un lieu où on inculque du savoir. Mais aussi un endroit où les petits peuvent comprendre et accepter les différences des autres. Saint-Louis-Gonzague en est un bel exemple.

Source : http://www.ouest-france.fr © 04 Février 2009 à Château-Gontier (Laval)

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