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Une messe pour les sourds

Dimanche matin, la messe de Notre-Dame-de-Lourdes, dans le quartier du Marais à Lomme, a été rendue accessible aux sourds et aux malentendants. Un gros travail de l’équipe d’animation pastorale du monde des sourds du diocèse de Lille.

« N ous ne changeons pas le texte de la messe. Nous ne touchons pas à la liturgie du dimanche, explique Lucienne Landais, la seule des six membres de l’équipe d’animation pastorale du monde des sourds du diocèse de Lille à être entendante. La traduction en langage des signes ne peut pas se faire mot à mot, comme d’une langue à l’autre. C’est le sens qui est traduit. » Missionnée en 2004 par Mgr Defois, alors évêque de Lille, l’équipe d’animation pastorale travaille, à travers tout le diocèse, à ce que « les sourds puissent suivre la messe. Car trop souvent ils se sentent à l’écart de l’Église », précise Fabrice Jeanson, malentendant et coordinateur de l’équipe. Seuls trois groupes de ce type existent à travers la France. « Nous sommes une équipe d’animation pastorale, indique Fabrice, nous n’avons pas de paroisse. Ou plutôt, chaque paroisse du diocèse est la nôtre. » Ainsi, toutes les six semaines environ, l’équipe, accompagnée par un prêtre accompagnateur et une animatrice en pastorale, se rend dans une église pour « traduire » la messe. « Il s’agit de la messe dominicale classique, insiste Fabrice.
Il n’est pas question de confisquer la messe des entendants. Nous allons dans leur paroisse, nous sommes invités. Cette messe est donc pour tout le monde. » A Notre-Dame-de-Lourdes, trois systèmes d’accessibilité aux sourds et malentendants ont ainsi été mis en place. Tout d’abord, pour les « devenus » sourds ou malentendants, un videoprojecteur projettera environ 80 % des textes et paroles. Ensuite, un système appelé boucle magnétique a permis aux personnes appareillées de comprendre clairement les paroles et les chants. Mais seul le langage des signes est accessible aux sourds de naissance, « qui manquent de vocabulaire pour pouvoir suivre avec les seuls écrits du vidéoprojecteur », précise Lucienne Landais, dont le mari, Jean-Paul, sourd, fait également partie de l’équipe et dirige la chorale muette qui accompagne la célébration. C’est cette traduction qui représente donc le gros du travail préparatoire du groupe. « Par exemple, pour l’homélie, on demande au prêtre de nous envoyer son texte quelques jours avant, reprend Fabrice. S’il emploie des mots simples, pour nous, cela ne sera pas trop compliqué. Mais les expressions imagées, les belles paroles comme on dit, pour nous, ce sont des “gros mots”. »

Source : http://www.nordeclair.fr © 14 Janvier 2009 à Lille

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