Gaëlle Marollaud, première monitrice sourde et muette

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Gaëlle Marollaud de Bressuire prépare un brevet d’équitation faisant d’elle la première monitrice sourde et muette de France.

A 26 ans, Gaëlle Marollaud prépare un brevet de professionnalisation pour être monitrice d’équitation. Rien de plus banal, à une exception près : elle vit dans le monde du silence.

Caëlle Marollaud ne rencontre pas de difficultés pour se faire comprendre
Caëlle Marollaud ne rencontre pas de difficultés pour se faire comprendre

Atière sur la croupe de son cheval, droite dans ses bottes, le port de tête inflexible sous sa bombe et le regard qui en dit long sur son caractère bien trempé ! C’est sûr, Gaëlle Marollaud va réussir et devenir la première monitrice d’équitation sourde et muette de France. Elle monte depuis sa plus tendre enfance et en connaît déjà long sur son ami le cheval, jusqu’à avoir un objectif ferme : se faire sa place, dans le milieu de l’équitation. Elle aime surtout le concours complet, mais elle maîtrise aussi le dressage et le débourrage et veut enseigner.

« Une belle expérience »
Après une première formation « jeunes chevaux » accomplie au prestigieux haras du Pin (en Normandie), elle a préparé à Chartres un BP (perfectionnement et pédagogie autour du cheval), en alternance. Voilà pour la partie théorique. Pour la partie pratique, Peg-gy et François Laine, du club bressuirais, n’ont pas hésité à l’accueillir : un vrai challenge et désormais un vrai bonheur.
«El le a été prise pour ses compétences et ses motivations. C’est une belle expérience très enrichissante. Elle apporte une autre manière d’enseigner. Il n’y a aucun regret », explique Peggy Laine.

Le B.A.-BA de la langue des signes

Au centre équestre, on a appris le B.A.-BA de la langue des signes. Petit à petit, chacun a pris sur lui, a fait preuve de patience. Désormais, on communique par geste et finalement, on se comprend fort bien.
Gaëlle sait s’exprimer. Les expressions de colère, de calme, d’agacement, de contentement, sur son visage, parlent forts. Ses élèves, surtout les enfants, l’ont compris.
Des cours calmes et silencieux
Elle prépare la pratique avec Rémi Frébœuf : « Son handicap n’en est plus un. Ses cours, au contraire des miens, sont calmes et silencieux sans perdre de leur dynamisme. Par exemple, quand ça va pas sur sa reprise, elle frappe des mains et les élèves comprennent vite. C’est un échange constructif, une autre culture, mais elle le sait, elle n’a pas choisi un métier facile. »
Une sacrée dose de volonté, une double dose de persévérance et de courage, la Bo-caine ne se pose pas de questions. A Chartres, dans sa promotion d’une dizaine de candidats (tes), elle n’a plus d’interprète depuis cette année. En fin de scolarité, c’est-à-dire en juin prochain, elle passera le même examen. « Je ne suis pas inquiet », confie Rémi Fré-bœuf. Et alors restera-t-elle à Bressuire ? « Nous allons voir. Il faut en discuter avec elle. Peut-être est-il possible de développer un créneau pour cette population », note Peggy Laine. Une population souvent introvertie, a contrario de Caëlle, qui fait de son handicap un avantage. Une autre évidence pour elle, la réussite n’a pas de frontière et surtout pas celle du silence.

Caëlle, en compagnie de François Laine, gérant du centre équestre de Bressuire
Caëlle, en compagnie de François Laine, gérant du centre équestre de Bressuire

Source : ??? – 03 Janvier 2009 à Bressuire

Merci à J.brosseau pour Info

2 COMMENTS

  1. Bravo, Je suis au lycée et je voudrais faire un centre d’équitation éthologique pour sourd et/ou malentandent et valides. Je trouve sa super . J’aimerais apprendre le language des signes pour mon centre.
    Sa serais bien que plus de personnes sourd travaille dans l’équitation.
    Encore bravo.

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