Un signe de tolérance

0

Le magasin Leroy Merlin facilite l’intégration de salariés malentendants

La direction a fait le choix dintégrer le handicap au sein de léquipe.
La direction a fait le choix d’intégrer le handicap au sein de l’équipe.

«Bonjour, je m’appelle Delphine. Je suis sourde. Merci de bien articuler et de me regarder en me parlant. » Le panneau, placé devant la caisse, est suffisamment explicite pour que tout le monde comprenne. Celui-ci s’adresse aux clients du magasin de bricolage Leroy Merlin.

Blonde aux yeux bleus, Delphine Pelletier, 25 ans, est née dans le monde du silence. En dépit de son handicap, c’est au contact de la clientèle que la jeune femme passe la plupart de son temps de travail. Son aptitude à lire sur les lèvres lui permet de contourner la difficulté de communication.

Pour s’adapter au mieux à son poste, « Delphine a été accompagnée au démarrage par une marraine », note Pierre Delva, directeur du magasin mérignacais.

Une logique ambitieuse

Yacine Gaouaou, également malentendant, est employé logisticien. Lui aussi fréquente la clientèle au quotidien.

Fort de 180 salariés, le magasin sis à Chemin-Long respecte allègrement l’obligation d’emploi des personnes handicapées, fixée à 6 % du personnel. « On dépasse les 8 % », se félicite le directeur. Un résultat bâti dans la durée.

Pour autant, combattre les discriminations liées au handicap n’a rien d’une sinécure. « Jusqu’à l’embauche de Yacine, on avait surtout travaillé au réaménagement de postes pour des salariés victimes de pépins physiques. Intégrer des malentendants relève d’une logique plus ambitieuse. »

Heureusement, beaucoup au sein de l’équipe ont compris l’intérêt de cette démarche managériale, à commencer par le service des ressources humaines.

« On ne fait pas du sentimentalisme, prévient cependant Pierre Delva. La compétence doit rester le point clé de leur intégration. Elle prime sur le handicap. Je n’oublie pas que nous avons une entreprise entre les mains, avec un compte d’exploitation, des critères de rentabilité à respecter. »

La direction reconnaît encore la nécessité de veiller à une équité de traitement des employés. Pour que l’intégration fonctionne dans les deux sens, une sensibilisation à la langue des signes a notamment été proposée aux employés. Sous quelle forme ? En organisant un plan de formation avec le concours du Gicfo (centre de formation du Lac).

« Il repose sur la base du volontariat. 16 personnes y ont participé en 2008. Deux nouvelles sessions seront lancées cette année. Elles consistent à apprendre des signes de base, à comprendre la manière dont les malentendants fonctionnent, pour éviter de commettre des impairs », détaille Louise Aurel, responsable du service des ressources humaines.

La compétence, point clé

Sensible à cette action, le Club des entreprises de Mérignac, premier club de la région bordelaise, a récompensé l’an passé le magasin de bricolage du Trophée emploi.

Cette distinction va au-delà du symbole pour Delphine, qui avoue s’épanouir dans son univers professionnel. « Je montre que je suis capable de travailler avec ma surdité, en étant à l’écoute de tous. C’est énorme pour la confiance », signe-t-elle, sourire aux lèvres.

Source : http://www.sudouest.com © 13 Janvier 2009 à Bordeaux

Écrire un commentaire

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.