La main des sourds

Un dispositif pour les sourds installé à l’aéroport Toulouse-Blagnac

Ce n’est pas bien compliqué, mais cela pourrait être d’une belle utilité. L’aéroport vient de se doter d’un dispositif permettant aux sourds et malentendants de communiquer avec le personnel d’accueil. Grâce à la magie de la vidéo.

Le système a été conçu et installé par la société toulousaine Websourd
Le système a été conçu et installé par la société toulousaine Websourd

Le principe est relativement simple. Le voyageur arrive au comptoir d’accueil. Filmé par une webcam, il pose ses questions en langue des signes. Une interprète visualise l’image et traduit ses interrogations à l’hôtesse de l’aéroport. Cette dernière répond à la question à voix haute. Le message passe de nouveau par l’interprète, qui le retransmet à la personne malentendante via l’écran qui lui fait face. Compris ?

Ce dispositif, baptisé VisiO08Guichet, a été conçu et installé par la société toulousaine Websourd, dont 12 des 17 employés sont malentendants. « On assiste à un paradoxe : la technologie permet de réhumaniser la relation », se réjouit François Goudenove, le PDG. « Une cinquantaine d’établissements sont équipés, mais je crois qu’au niveau des aéroports, c’est une première au niveau national. »

Dispositif mutualisé

Le gros avantage, c’est que le service d’interprétation en langue des signes est mutualisé. La même opératrice, basée à Toulouse, Lille ou Marseille, peut renseigner un voyageur toulousain, puis quelques instants plus tard quelqu’un qui patiente au guichet d’une caisse d’allocations familiales à l’autre bout de la France.

Reste que le système a un coût : 9 000 € l’année, sans compter les communications passées vers les interprètes.

Un autre bémol : en l’état actuel, le système s’avère quelque peu limité. Si vous désirez savoir d’où partent les navettes ou pour avoir des renseignements sur le stationnement, pas de problème : l’hôtesse peut vous répondre. Mais si vous voulez vous renseigner sur les horaires des vols, vous en serez quitte pour prendre un papier, un crayon, et aller pêcher l’information directement au comptoir du voyagiste. Pour l’heure, l’accueil ne dispose pas de ces données. Le tir pourrait être corrigé prochainement, le dispositif vient tout juste d’être installé. « Cela pourrait aussi inciter les compagnies à s’équiper », espère François Goudenove.

Grâce à une webcam, un interprête en langue des signes peut traduire leurs requêtes.

Source : http://www.ladepeche.fr © 22 Décembre 2008 à Toulouse

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