Le fax, ami du sourd et muet pour alerter le Samu

0

« Comment ça se passait avant ? C’est à se demander… » Véronique Cordier, l’une des permanencières auxiliaire de régulation médicale du Samu (PARMS), avoue volontiers qu’il était temps de se pencher sur la réception des appels d’urgence des sourds et muets.

La solution ? Le fax ! Un numéro et un fax spécialement dédié et installé depuis quelques jours dans la salle de régulation du Samu du centre hospitalier Yves-Le Foll. Désormais, les sourds, malentendants ou muets pourront alerter par écrit les urgentistes. Ils s’appuieront pour se faire sur des fiches faciles à remplir et permettant d’établir rapidement un diagnostic médical. Des cases à cocher, des corps humains à surligner : en quelques secondes et quelques coups de crayons, la personne en détresse envoie « son » bilan de santé.

À l’autre bout de la ligne, dans la salle de régulation, un flash alerte les permanenciers de l’arrivée d’un fax. Et c’est aussi par ce biais que les urgentistes envoient leur réponse. Là encore à l’aide de document préremplis : « Il faut attendre un peu, les pompiers viennent chez vous tout de suite », « Il faut attendre un peu, le Samu vient chez vous tout de suite », etc.

Le SMS pas adapté

« C’est une avancée considérable vers un système de prise en charge identique à celui mis en place pour une personne entendante, se félicite Jean Briens, directeur du centre Jacques-Cartier, spécialisé dans l’accueil des sourds ou malentendants. Le fax peut paraître un système un peu désuet, mais il a montré son efficacité. » La mise en place de ce fax au Samu 22 fait en effet suite à une expérience concluante menée au centre hospitalier de Rennes autour du Dr Ridoux.

Réunis samedi au centre hospitalier pour une présentation du dispositif, de nombreux sourds et muets ont rappelé les habitudes qu’ils avaient prises de dialoguer à coup de SMS, ces petits messages envoyés par téléphone portable. « Les SMS sont beaucoup utilisés par les sourds, mais ne sont pas vraiment adaptés pour les situations d’urgence, insiste Véronique Cordier. Et puis, il y a parfois des problèmes de réception avec les portables. »

Reste à s’équiper pour les personnes qui ne disposeraient pas de fax. Un coût ? « Il est possible de demander une aide auprès de la Maison départementale du handicap », indique une coordinatrice du centre Jacques-Cartier. De quoi, et même si le dispositif est peut-être perfectible, faire gagner quelques minutes souvent vitales dans le déclenchement des secours. Ce qu’apprécieront certainement les 500 personnes que l’on estime sourdes, malentendantes ou devenus sourdes dans le département.

Source : http://www.ouest-france.fr © 01 Décembre 2008 à Saint-Brieuc

Écrire un commentaire

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.