Sourd mais pas au… football

Bien que jouant en DH à l’Olympique, Hakim Ahmed-Messaoud possède le statut d’international. Il fait, en effet partie de l’équipe de France des sourds et est champion d’Europe en titre.

Hakim Ahmed-Messaoud (à droite), ici en compagnie de Salim Yahaoui, a été convoqué pour la première fois en équipe de France des sourds en 2003 pour lEuro de Malaga.
Hakim Ahmed-Messaoud (à droite), ici en compagnie de Salim Yahaoui, a été convoqué pour la première fois en équipe de France des sourds en 2003 pour l’Euro de Malaga.

SON maillot tricolore est quasiment le même que celui de Ribery ou Benzema. Avec le numéro 6 dans le dos. Hakim Ahmed-Messaoud a la particularité d’être sélectionné dans l’équipe de France des… sourds.
Et le milieu de terrain défensif, quasiment anonyme dans le championnat champardennais, possède, en revanche, un palmarès fourni avec ses copains malentendants.
Une double vie sportive qu’il assume avec bonheur. « Depuis 2003, j’ai connu de nombreuses joies : champion d’Europe invaincu à Lisbonne et un podium lors de la Coupe du Monde à Patras en Grèce après une victoire dans la petite finale contre les Etats-Unis ».
Lui qui durant la saison évolue à Sézanne, Bogny-sur-Meuse, Prix-lès-Mézières, Rethel ou Marnaval, change de planète, l’été, au moment où ses partenaires de club rangent leurs crampons.
Depuis deux saisons, il a enrichi son expérience footballistique en jouant contre l’Angleterre, l’Allemagne, le Danemark, l’Eire, les Pays-Bas et même Chypre et la Chine. « Dans les mêmes conditions que des professionnels sauf que nous, on n’entend pas la Marseillaise ».
A cause d’une malformation de naissance, Hakim a passé son cursus scolaire au centre audiophonologique avant de passer par les collèges Rouget-de-Lisle et Jules-Leroux et le lycée Armand-Malaise.
Un relais sur le terrain
« Ça s’est passé comme une lettre à la poste car je parvenais un peu à communiquer oralement. Mais le foot est mon lieu d’expression privilégié, il m’a aidé à ne pas être à l’écart et m’a permis d’oublier ma singularité ». Un bien pour son épanouissement.
Jean-Pierre Lecoq le fait signer à l’Olympique en 1993. Il rejoint Vrigne-aux-Bois pour deux saisons avant un retour au chef-lieu.
Sur le terrain ou lors des séances d’entraînement, Hakim bénéficie d’un solide relais avec son pote et coéquipier Salim Yahaoui.
« Il m’arrive de faire la transition quand il est livré à lui-même. Par exemple, avant le coup d’envoi, je vais expliquer à l’arbitre sa particularité. Car il arrive à Hakim de continuer de jouer après un coup de sifflet. Durant, les matches, je le recadre aussi, au niveau du placement suite aux consignes données par le coach ».
« Par rapport à cette situation, il y a une grosse solidarité au niveau du groupe envers Hakim » confirme le secrétaire, Jean-Marie Coplo.
Il répond, en tout cas, aux attentes de son coach, Marc Kopniaeff, parfois contraint de s’adapter à une situation inédite. « Lors des séances, quand il n’y a pas de parasites extérieurs, il parvient avec son appareil auditif à capter les messages. Sinon, il a un potentiel physique nettement au-dessus de la moyenne ».
Une seule fausse note : l’attitude pleine de méchanceté de l’ancien pro troyen Sladjan Djukic lors d’un match perdu par l’équipe dryate.
Vexé, le Serbe refusa de serrer la main au Carolo à la fin de la rencontre. « Je ne parle pas aux handicapés ». Employé à la SAM menuiserie et père d’un petit Sofiane (2 ans), Hakim a déjà le regard vers septembre 2009.
Il devrait, en effet, faire partie de la délégation française présente aux JO de Taïwan.
Une autre belle aventure…

Source : http://www.lunion.presse.fr © 13 Décembre 2008 à

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.