La main des sourds

Les sourds au musée : l’accueil se développe

Quelle accessibilité des musées pour les sourds ? C’était le thème d’une journée d’études organisée à l’université de Lille 3. Si le retard français est certain, les initiatives existent
pourtant.
Sa langue, ce sont ses mains. Sandrine Basset est sourde. Et guide de musée une fois par mois : « Je travaille avec le LAAC de Dunkerque et le futur Louvre-Lens », explique la jeune femme pour qui « il y a beaucoup à faire dans ce domaine. Deux musées, c’est peu. » Grâce à elle, les sourds de la région peuvent avoir accès à la culture : « Le public sourd est différent du public entendant. Le sourd regarde le tableau, puis le guide, il fait l’aller-retour. De plus, le public sourd est très visuel. Du coup, il pose beaucoup de questions. Les visites durent plus longtemps. » Organiser de telles visites, c’est le rôle de l’association Trèfle, installée dans la Maison des sourds du Pas-de-Calais. L’association, créée en 1999 par Françoise Casas, professeur de dessin au centre d’éducation des jeunes sourds d’Arras, mise surtout sur les expositions temporaires. Dans la région, mais à Orsay, au Louvre…
Sandrine Deschodt fait partie des interprètes qui travaillent avec l’association : « Jusqu’en 2003-2004, les demandes étaient rares de la part des musées, peu sensibilisés à la question et réticents face aux moyens à mettre en oeuvre. Puis, les mentalités ont changé, il y a eu la loi de 2005. Cela se développe. » Le musée d’art moderne de Villeneuve d’Ascq a ainsi sa chargée d’accessibilité, Claudine Tomczak : « Nous avons démarré en 2002 les visites pour les sourds avec un interprète. Sur notre future exposition à l’Hospice Comtesse, on va travailler avec Signe de sens pour avoir des guides sourds. » Signe de sens, c’est une association lilloise qui se propose de faire l’interface entre les musées et le public sourd : « Ce qu’on propose, c’est la mutualisation. On sait que chaque musée ne pourra pas embaucher une personne sourde à temps plein. Alors, nous avons formé un petit groupe de guides », explique Aurélie Brulavoine, coordinatrice de l’action culturelle.

Prise de conscience
La prise de conscience gagne aussi du côté du Conseil régional. Il y avait eu les Beffrois de la culture en 2004, qui faisaient entrer l’art dans les mairies. Il y aura la grande exposition Bonaparte et l’Égypte en 2009, au musée des Beaux-Arts d’Arras : « On est en train de mettre en place nos visites », témoigne Emmanuelle Cabille-Beaumont, médiatrice culturelle à la Région.
Et surtout, le rendez-vous à ne pas manquer : le musée du Louvre-Lens : « Les sourds sont un public prioritaire. Il est nécessaire de construire les actions dès aujourd’hui. »

Source : http://www.nordeclair.fr © 07 Décembre 2008 à Lille (France)

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