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Au café des signes : plongée dans le monde du silence

Sourds ou entendants, ils sont une dizaine à se retrouver chaque semaine au café des signes. Des rencontres détonantes.

Les bises claquent. Une sur chaque joue. Sourire en prime. Mais aucun ne les entend. Élodie, Sandrine, Ly et les autres sont tous sourds-muets. Depuis toujours, ils vivent dans un monde de silence. Ils n’en mordent pas moins la vie à pleines dents, et sont ravis de se retrouver, chaque lundi soir, au café des langues. « Ça libère ! », lance Élodie.
Et tout son corps exprime cette libération de pouvoir se raconter, échanger chaque semaine. « C’est bon de se retrouver, explique la jeune femme. C’est un peu une tradition. »
Car depuis dix ans que le café des langues existe, la table de la langue des signes française, qui côtoie celle de l’espagnol ou du russe, a toujours été présente. « C’est même presque les plus assidus ! », sourit Marie-Françoise Stamos, l’une des bénévoles de LinguaFest 37, qui gère ces rencontres hebdomadaires.
L’heure tourne, on se serre autour des tables pour faire de la place aux nouveaux venus. Il y a Éric, étudiant en sciences du langage, qui ne cache pas son attrait pour la culture sourde, et explique que « la LSF (langue des signes française), c’est enfin pouvoir communiquer avec des gens qu’on ne comprendrait pas sinon ! » Et puis il y a Anaïs et Alyzée, étudiantes en orthophonie, qui savent qu’elles auront des patients sourds à aider.

“ On peut parler de tout ”

Il y a aussi Cyril, sourd de naissance, qui n’en finit plus de rigoler. Il rigole. Mais alors rigole… A ses blagues, à celles des autres. Aux fautes que certains peuvent faire, à ses propres erreurs quand il tente d’émettre un son.
« Il y a vraiment une ambiance spéciale ici, sourit Élodie, aussitôt approuvée par Cyril et Ly. Et puis on peut parler de tout. » Du regard de certains sur ce handicap « caché », de l’éducation, du manque d’encadrement, de l’ (in) égalité avec les entendants. « Il y a tellement de choses qu’on voudrait voir évoluer, changer », regrette la jeune femme.
Alors en attendant, ils se retrouvent, chaque semaine, pour refaire le monde, en imaginer un autre un peu plus juste. En attendant…

Café des langues, tous les lundis, à partir de 20 h 30, à la Brasserie du Palais.

 

Source
http://www.lanouvellerepublique.fr © 15 Octobre 2008 à Tours
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