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Kerveiza va fêter ses trente ans samedi

Trois questions à… Michèle Trimintin, directrice du centre spécialisé qui accompagne les jeunes sourds.

Comment est né Kerveiza ?

Dès 1969, une classe spécialisée est née à l’initiative de parents avec un enseignant spécialisé qui est devenu directeur de Kerveiza pendant 20 ans. Cette classe est devenue ensuite un établissement médico social et s’est déplacée de Carl-Bahon à Trégain. En 1978, un enseignant a été mis à disposition par l’Éducation nationale. Aujourd’hui, nous fonctionnons avec 48 salariés dont huit enseignants. Le principe est d’accompagner les jeunes sourds dans leur scolarité en privilégiant le milieu ordinaire, mais pas à tout prix et à tous crins, mais en donnant les moyens de l’accompagnement. Les enfants sourds ont besoin de compensation humaine.

Quand l’enfant habite à 40 km, on ne peut pas être tous les jours à ses côtés. On préconise avec l’inspection d’académie la politique de pôles qui permet une mutualisation des moyens. Nous avons ainsi plusieurs pôles, à Carl-Bahon en maternelle et élémentaire, au collège de la Binquenais, aux lycées Coëtlogon et Louis-Guilloux. Mais nous intervenons dans une quarantaine d’établissements dans la grande couronne rennaise et accompagnons 114 jeunes âgés de 4 mois à 22 ans.

La vie des sourds a beaucoup changé en 30 ans ?

En 1978, lorsque Kerveiza est né, nous étions sous les effets de la loi de 1975, remplacée aujourd’hui par la loi de 2005. La langue des signes commençait à arriver enfin dans le milieu éducatif des sourds. Avant, elle était bannie. Elle a bouleversé les apprentissages mais il a fallu attendre la loi du 4 août 2008 pour que les académies soient obligées de proposer un enseignement de la langue des signes. Nous avons vu en 30 ans de nouvelles techniques apparaître comme la langue parlée complétée qui intéresse les sourds oralisant, les implants cochléaires et plus toutes les nouvelles technologies. Il y a trente ans, le sourd avait tout juste un minitel. Aujourd’hui, il y a internet, le chat, MSN, les sites, les sous-titrages à la télévision, les téléphones portables avec les SMS… Le sourd n’est plus enfermé comme avant, à condition d’être à l’aise avec l’écrit.

Quels sont vos projets ?

Nous espérons obtenir l’agrément pour 20 places pour les enfants qui souffrent de troubles sévères du langage. Nous avons ouvert 10 places à la rentrée dernière. Elles ont toutes été prises d’assaut. Nous avons des jeunes sur liste d’attente. Ces enfants parlent mais ont des difficultés par rapport au langage écrit et, certains, par rapport au langage oral. Notre projet est toujours d’accueillir au mieux les enfants sourds au regard de la loi et de notre projet d’établissement. Nous sommes en recherche permanente. Quelles que soient leur surdité et leur incapacité, ils ne doivent jamais être déconnectés de la réalité.

Pratique. Samedi 27 septembre, à 9 h, conférences au Triangle sur le thème de la coéducation avec Élisabeth Manteau, linguiste et orthophoniste ; Guy Pleutin, pédagogue ; Eduardo Plaza, psychologue. À 14 h, à l’école Carl-Bahon, expositions, échanges, diaporama, spectacles et café citoyen. Toutes les interventions sont signées, codées et traduites simultanément

Source : http://www.rennes.maville.com © 25 Septembre 2008 à Rennes (France)

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