La main des sourds

Sourds et entendants, logés à la même enseigne

Trop souvent stigmatisés, les sourds aspirent à une vie meilleure, ou plutôt comme les autres. Une vie où leur handicap passerait au second plan, derrière l’être humain qu’ils sont avant tout. Faire tomber les barrières de l’incompréhension, de la méfiance et des craintes. Le projet de l’association Deux langues pour

Marie Lamothe
Marie Lamothe

une éducation pays d’Oc est ambitieux mais, surtout, s’inscrit dans une logique purement égalitaire.
La responsable en communication de la structure, Marie Lamothe, s’explique. Un air motivé et une réelle envie de faire bouger les choses. « Nous voulons créer une classe primaire bilingue où sourds et entendants se mélangent. » Une première à Montpellier. Et un moyen pour l’école de remplir l’une de ses fonctions : sociabiliser la jeunesse, en l’occurrence celles des
non-entendants parfois repliés sur eux-mêmes. « Logique puisque, dans les classes spécialisées, on les coupe du reste du monde. » L’association souhaite que des professionnels accompagnent les enseignant et interprètent les cours dans la langue des signes. Et puisqu’on parle de bilinguisme, l’autre aspect serait l’apprentissage du français écrit. « C’est certainement ce qui coince au niveau des écoles. Pour le moment, aucune n’a donné une réponse positive. » La spécificité de la démarche : offrir une alternative et promouvoir la langue des signes comme véritable langue et non pas comme un simple outil de communication. « Le Centre d’éducation pour sourds déficients auditifs (Cesda) et l’Association régionale pour l’insertion des déficients auditifs (Arieda) ont une démarche plutôt réparatrice. Ils mettent tout en oeuvre pour faire parler ces enfants sourds. C’est peut-être une bonne chose, sauf que, s’ils échouent, ils prennent du retard dans leur scolarité. C’est là que l’écart se creuse. » Et puis, selon elle, ce terme de déficience auditive revient de manière trop systématique : « Comme si les sourds n’étaient pas suffisamment marginalisés. Au contraire, Il faut leur redonner confiance. » Arieda, qui accompagne 150 enfants dans la région, privilégie le français oral. Sa présidente, Florence Robert, justifie cette prise de position : « Bien évidemment, nous considérons la langue des signes comme une véritable langue. Avec sa propre syntaxe, sa propre grammaire. Mais le français oral reste le meilleur moyen pour s’insérer professionnellement. » Quant au Cesda, le choix est offert. « On donne aux jeunes la possibilité d’apprendre les deux. Et pour ce qui est de les sociabiliser, certains collèges les accueillent déjà dans des classes mixtes », confie anonymement l’un de ses membres. Une mixité trop tardive pour Marie. « Ce que nous voulons, nous, c’est qu’elle débute dès le primaire. »

Source : http://www.midilibre.com © 15 Octobre 2008 à Montpellier (France)

1 commentaire
  1. DELAVOIX Hervé dit

    coucou,
    j’admire ta passion et ton eternel devouement pour les autres. Prens soins de toi !
    bisous ! DELAV…. Hervé (dela86@free.fr)

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