Le signe du succès

Depuis le début de l’année, au lycée privé Oratoire, quatre heures de cours pour apprendre la langue des signes ont été mises en place. Et ça marche !

Lycée Oratoire. Plus dune quarantaine délèves suivent les cours de langue des signes
Lycée Oratoire. Plus d'une quarantaine d'élèves suivent les cours de langue des signes

Jusqu’en 2005, il n’existait pas de cadre légal pour l’enseignement de la langue des signes que ce soit à l’école primaire, au collège ou au lycée. Une erreur réparée depuis. Encore faut-il trouver les personnes susceptibles d’assurer les cours…

Depuis le début de la rentrée, c’est le cas au lycée privé Oratoire. Carole Bentahar, originaire de Tarbes, est assistante d’éducation. Mais elle assure aussi, quatre heures par semaine, les cours de langues. « J’ai découvert la langue des signes après l’intervention d’une personne sourde et muette dans mon lycée. Ça m’a tout de suite intéressé. J’ai alors choisi de suivre une formation plus approfondie dans une association à Toulouse : huit heures par jour pendant six mois avec des professeurs sourds, ce fut éprouvant, mais formateur ! »

Que les élèves se rassurent, les cours du lycée sont bien moins intensifs. « Actuellement, nous apprenons les bases, c’est-à-dire les lettres, bonjour et au revoir. Mais bientôt, nous allons attaquer les phrases simples, puis complexes. On franchit des paliers progressivement. Je continue à leur parler de manière orale. Mais à la fin du deuxième trimestre, on ne fera que signer. »

Son cours est en tout cas une réussite : ils sont plus d’une quarantaine d’élèves de seconde et première générale, mais aussi de BEP carrières sociales, à suivre ses leçons. « Pendant les trois premières semaines, on a laissé aux élèves la possibilité d’arrêter. Et au final, on n’a eu que trois abandons. Je suis moi-même étonnée de ce succès. C’est donc que ça doit leur plaire. »

Ces cours peuvent, pour ceux qui le désirent, les amener à présenter la langue des signes en option facultative. L’examen, intensif, prend alors la forme d’un entretien d’une durée de vingt minutes. Une raison qui a poussé le lycée à ne pas proposer ce cours aux élèves de terminale.

Ouverture.

Pour Gilles Contessi, ces cours sont aussi une ouverture et un changement d’attitude envers le handicap. « Quand on utilise ce dernier mot, on pense quasi exclusivement à l’accès pour les personnes à mobilité réduite. Or, ce n’est pas le cas. L’année dernière, à l’occasion de la journée sur le handicap que nous avons organisée, les élèves ont pu découvrir l’écriture en braille ou bien le maniement du fauteuil roulant. Ce cours est une nouvelle étape. »

Pour Carole Bentahar, c’est aussi une ouverture. « Je veux travailler au contact des gens. Appendre la langue des signes, bien sûr, c’est un plus sur le CV, mais c’est surtout une preuve qu’on peut réfléchir à comment aider les autres. »

Source : http://www.sudouest.com © 17 Octobre 2008 à Bordeaux (France)

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