Communication avec les sourds : 280 heures pour maîtriser la langue de signe

La communication avec les sourds s’avère plus difficile. Ça se comprend fort aisément dans la mesure où ces handicapés auditifs ont du mal à saisir ce qu’on leur dit, vice-versa pour leur interlocuteur, compte tenu de la difficulté avec laquelle les sourds s’expriment.

« M. Rivo Andriamampianina, moniteur et interprète à l’AKA.MA ».
« M. Rivo Andriamampianina, moniteur et interprète à l’AKA.MA ».

Heureusement qu’il existe ces foyers ou centres qui apprennent aux sourds et muets comment peut-on se communiquer avec eux et à leur tour, comment ils devraient utiliser la langue de signe pour qu’ils puissent s’adresser aux autres et par ricochet entre eux-mêmes.

Selon M. Rivo Andriamampianina, moniteur et interprète à l’AKA.MA (Centre d’éducation des sourds) aux 67 Ha, il faudrait 280 heures pour maîtriser la langue de signe. Ce moyen par essence pour permettre aux sourds-muets de se communiquer entre eux et également avec leurs entourages. « Pour les gens qui fréquentent en permanence ces handicapés, il leur faudrait un à deux mois pour comprendre la langue de signe », ajoute-t-il.

Pour les parents des élèves éduqués à l’AKA.MA, la formation sur la langue de signe est obligatoire pour leur permettre de se communiquer aussi facilement que possible avec leurs proches handicapés. Ils suivent cette formation gratuite une fois par semaine pendant une année. Même la bonne payée pour accompagner en permanence les sourds-muets devrait, elle aussi, apprendre la langue de signe sinon il serait impossible pour lui de comprendre ce que voudrait exprimer le petit sourd ou muet.

5 sourds au volant

Tout handicapé que ce soit auditif ou oculaire jouit de son droit civique pour qu’il puisse se ranger du côté des bien-portants. Autrement dit, un muet pourrait suivre une formation pour acquérir son… permis de conduire. Et oui, ce n’est pas une blague. Loin s’en faut. C’est le moniteur de l’AKA.MA qui a laissé entendre que 5 sourds ont réussi à avoir leur permis de conduire après avoir suivi une formation adéquate. Pour les leçons théoriques, il leur faudrait bien entendu un interprète spécialisé pouvant leur transmettre par le biais de la langue de signe. Tandis que pour la pratique, ce n’est pas le cas, car un sourd-muet pourrait arriver à comprendre ce qu’on leur dit en cours d’acquisition de son permis de conduire.

Interrogé à ce sujet, un directeur d’auto-école n’a pas hésité à expliquer le fait qu’il lui est difficile sinon impossible d’apprendre à un sourd ou à un muet les leçons de conduite automobile. « Au moins, a-t-il ajouté, un demi-sourd aurait la capacité d’y parvenir à force de déployer des efforts intenses ». Malgré tout, il faut absolument un interprète pour transmettre à un handicapé auditif ou linguistique toute leçon de conduite automobile.

Source : http://www.madagascar-tribune.com © 14 Octobre 2008 à Madagascar

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