Le Gard innove pour l’appel de détresse des sourds

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C’est une première en France : les pompiers gardois vont se doter, début 2009, d’un système d’alerte spécialement conçu pour les déficients auditifs. Actuellement en cours d’expérimentation, il a été présenté lundi à l’occasion de la Journée mondiale de la surdité.

Tout a commencé en 2003-2004, lorsque le centre départemental d’incendie et de secours (Sdis) a souhaité s’équiper d’un centre de traitement unique de l’alerte (qui renvoie en un seul lieu les appels du 18 et du 112). « Mais il fallait le penser pour toute la population, explique le colonel Frédéric Paul, dont les déficients auditifs. » La loi de 2005 sur le handicap est venue renforcer cette conviction. Quatre outils d’alerte ont alors été
identifiés en partenariat avec les associations (lire ci-contre) : le minitel, l’internet, le fax et le SMS (texte envoyé depuis un téléphone portable). Les deux premiers ont été écartés : dépassés pour l’un, presque trop moderne pour l’autre, tout le monde n’étant pas équipé d’une connexion web.

Reste le fax, un outil de communication très répandu chez les sourds, et le SMS. Avec ces deux moyens de communication, les pompiers ont créé un système d’alerte pour les sourds. La clé du succès réside dans un fichier spécial (déclaré à la Commission nationales des libertés individuelles) recensant les déficients auditifs. Lorsque ces derniers auront communiqué à leur association de tutelle leur numéro de fax et/ou de portable, il leur sera remis un numéro à appeler et un formulaire pré-imprimé et individualisé comportant une zone qu’ils peuvent pré-remplir à l’avance (nom, adresse, étage, code d’accès de la porte principale, traitement médicamenteux suivi…) et des pictogrammes symbolisant : un incendie, un secours à personne, un accident de la circulation, une intervention diverse et une zone de texte libre. L’appel sera alors reconnu par le fichier des pompiers comme émanant d’un déficient auditif. Un accusé de réception sera envoyé, avec des dessins de la langue des signes pour dire : « Appel reçu, les secours arrivent. » Dès lors, la procédure d’intervention classique s’applique : identification de la rue cartographie précise à l’appui, calibrage des moyens à envoyer sur place en fonction de l’alerte et activation de la caserne la plus à même (en fonction des interventions déjà en cours) d’intervenir.

Pour le SMS, même procédure. En appelant un numéro spécial, le message d’alerte s’affichera sur l’écran du pompier de veille, qui identifiera l’appel comme émanant d’un sourd et prendra les mesures adéquat. Des procédures finalement simples. Encore fallait-il y penser et avoir la volonté de les mettre en oeuvre.

Le Pôle promotion santé de Nîmes est particulièrement attentif au problème de la surdité. En plus des conférences traduites en langue des signes, des dépistages, prévention et information chez les jeunes, il va bientôt proposer, comme l’a révélé Odile Vidonne médecin-directeur, des formation aux premiers secours adapté aux malentendants.

Source : http://www.midilibre.com © 01 Octobre 2008 à ???

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