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Dialogue de sourds à la sécurité sociale

La permanence pour les sourds et malentendants capote. Les intéressés n’arrivent pas à se faire traduire. Entretien épique avec les responsables.

Bernard Truffaut fait sa signature en langue des signes.
Bernard Truffaut fait sa signature en langue des signes.

L’absurdité est à son comble : la délégation reçue à la sécurité sociale vient se plaindre parce qu’il n’y a pas d’interprète, digne de ce nom, dans leur permanence pour sourds et malentendants.

Directrice et co-directeur des caisses s’étonnent que la délégation ne soit pas venue avec un interprète pour cette réunion. L’entretien, prévu depuis longtemps, commence mal. « Nous avons même hésité à partir. Mais nous voulions trouver une solution », explique Bernard Truffaut, membre actif d’Écho magazine, revue spécialisée dans le handicap de la surdité. Vendredi après-midi, il a été reçu, avec six autres sourds et malentendants, par les responsables de la caisse primaire d’assurance-maladie (CPAM) et de la Caisse d’allocations familiales (Caf).

« Nous n’avons pas eu le réflexe de faire venir un interprète d’un autre département », nous confie Christophe Rolin, directeur adjoint de la caisse primaire d’assurance-maladie. « C’est là où est le problème », tonnent les membres de l’association mancelle Des mains plein les doigts, fatigués de se battre contre les administrations pour une meilleure accessibilité aux handicapés.

« On a senti, lors de cet entretien, que nos soucis ne les intéressaient pas du tout », déplore Bernard Truffaut. Qui, néanmoins, ne souhaite pas faire de vagues. La réunion avait pour seul but de faire le point sur la permanence ouverte aux sourds et malentendants dans le bâtiment de la sécurité sociale (le premier mercredi de chaque mois, de 9 h à 12 h).

Une permanence qui connaît un véritable flop. « Notre service-plus a reçu zéro personne depuis sa création en 2007, pointe le directeur adjoint de la CPAM. Alors que nous avons fait énormément d’annonces médiatiques, à la télévision par exemple, sur France 3 ». Bernard Truffaut fronce les sourcils : « La télévision ne diffuse pas de message en langue des signes. » Le directeur adjoint ne lâche pas prise : « A la radio aussi… » Grand moment de silence.

Le collectif se dit déçu : « La Caf et la CPAM estiment que c’est déjà bien que la permanence existe et que si elle ne fonctionne pas, nous devons nous en prendre qu’à nous. Sinon, ils fermeront la permanence, disent-ils, en décembre »

L’ennui est que la permanence est assurée « par une interface et non un interprète ». Interface ? « C’est une personne, certes non diplômée, mais qui travaille dans le département depuis très longtemps », souligne Christophe Rolin. « Mais cette personne traduit mal nos pensées », insiste les malentendants.

Quelle solution alors ? « Faire appel à un interprète d’un département voisin, propose Bernard Truffaut. Puisque la Sarthe ne possède pas son propre service d’interprète (Ouest-France de samedi). « On va demander un devis en Indre-et-Loire », assure le directeur adjoint de l’Assurance-maladie. Un nouveau point est prévu en décembre. À suivre donc.

Source : http://www.lemans.maville.com © 29 Septembre 2008 à Le mans (France)

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