La main des sourds

Les malentendants intégrés au collège Janequin

Grâce à Marie-Hélène Tusseau, Audrey bénéficie d’une remise à niveau en maths, en langue des signes.

Grâce à Marie-Hélène Tusseau, Audrey bénéficie dune remise à niveau en maths, en langue des signes.
Grâce à Marie-Hélène Tusseau, Audrey bénéficie d'une remise à niveau en maths, en langue des signes.

« Je vous dis bonjour en langue des signes », prévient Gérard Mercier, le principal du collège Clément-Janequin, à Avrillé. Parmi les 583 élèves que compte son établissement, 28 sont malentendants. Cette particularité a attiré l’attention du nouveau recteur d’académie Gérald Chaix, en visite de travail hier à Angers (1).

Elle est le fruit d’un partenariat de huit années avec le centre Charlotte-Blouin (lire plus bas). Grâce à l’unité pédagogique d’intégration, les élèves malentendants bénéficient d’un soutien commun, tout en étant scolarisés dans les différentes classes du collège, en filière classique ou en Segpa.

Dans une première classe, les nombres relatifs sont au menu d’une leçon de maths. Clémence et Romain suivent le cours en même temps que les autres élèves, grâce à une traductrice installée à côté de l’enseignant. Ce dernier reconnaît : « Le rythme est différent, cela nécessite plus d’attention… et je m’efforce de mieux écrire au tableau ! »

Dans une autre salle, Audrey suit exactement le même cours, mais seule, face à une enseignante spécialisée, Marie-Hélène Tusseau. Un cours de soutien classique, qui n’a rien à voir avec le handicap d’Audrey, et qui va lui permettre d’améliorer son niveau en maths.

Autre cas de figure, quelques pas plus loin : Nadine Boursin, une prof sourde, enseigne la langue des signes à trois élèves malentendants. Au-dessus de la porte, un voyant rouge est prévu pour signaler tout alerte incendie et remplacer l’avertissement sonore. Enfin, dans la cuisine, une classe de Segpa intègre aussi des collégiens malentendants. Éducateurs spécialisés, codeurs, psychologues, etc. : une vingtaine de personnes du centre Charlotte-Blouin apportent au collège Clément-Janequin toute leur expérience. Un dispositif unique dans la région, qui pousse même certains parents d’enfants malentendants à déménager pour en bénéficier.

La formule est bénéfique aux autres collégiens, selon Guy Legros, directeur de la section Segpa : « Cela leur apprend à se mettre à la place de l’autre. » Le recteur acquiesce : « La présence de collégiens malentendants banalise le handicap, sans l’oublier. Le gros défi, c’est de continuer un projet collectif tout en prenant en charge les élèves en difficulté. »

(1) Le recteur a également découvert l’école primaire Pierre-et-Marie Curie à Avrillé et le lycée Jean-Moulin à Angers.

Source : http://www.maville.com – 9 Septembre 2008 à Angers ( France )

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