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Nice : les enfants du silence ont désormais la parole au bac !

Élève en terminale scientifique dans un établissement privé niçois, Sophie Miro est entrée dans les annales du bac. A 19 ans, cette jeune fille sourde de naissance, a présenté, hier matin, au lycée Beau-Site à Nice, centre d’examen, l’option de la langue des signes française… à l’oral. Une première en France !

Sourde de naissance, Sophie, 19 ans, candidate au bac S à Nice, a présenté, hier matin, et pour la première fois en France, la langue des signes française à l’oral.

Cette nouvelle discipline effectue, cette année, son entrée officielle au tableau des épreuves optionnelles du baccalauréat. (1)
Et sur les rangs, ils étaient deux candidats de l’académie de Nice dont Sophie, (contre 191 en France) à passer devant un professeur examinateur certifié en langue des signes françaises (LSF) pour commenter un texte à l’oral.
« Il faut bien entendre ces candidats ! s’exclame Stéphanie Blanchard, professeur d’histoire-géographie et de LSF, venue spécialement de Marseille. Pour vérifier leur gestuelle et la richesse de leur vocabulaire. Reconnue par une loi du 11 février 2005, la LSF n’est pas un langage, mais une langue à part entière. Elle possède sa propre grammaire, sa syntaxe, son histoire, sa culture. »
Quand elle en parle, Stéphanie s’enflamme.
En paroles et par gestes ! « Mes parents étant sourds, j’ai appris toute petite la langue des signes. C’est ma deuxième langue maternelle que je pratique toujours avec plaisir. Parce que pour vous exprimer, c’est votre corps, vos mains qui parlent et qui occupent l’espace. »
Plus d’un siècle de lutte
L’entrée de la LSF parmi les épreuves du bac représente pour ces enfants du silence, une victoire sur plus d’un siècle de lutte.
« Depuis qu’une loi de Jules Ferry de 1880 a interdit la langue des signes à l’école, précise Yannick Labancz, vice-présidente de l’association pour les adultes et jeunes handicapés (APAJH). Avec cette nouvelle option, une page du monde des sourds est définitivement tournée. » C’est aussi, comme le souligne le recteur Jean-Claude Hardouin, venu assister à cette première, « la reconnaissance officielle de l’intégration du handicap à l’École. »
Au-delà de sa prestation (coefficient 2 au bac), Sophie y voit « une chance de faire connaître notre langue. »
Dès le bac S en poche, elle présentera un BTS de comptabilité tout en poursuivant ses études en LSF. « Pour l’enseigner à mon tour. Et si tout le monde pouvait se mette à notre langue, cela donnerait ça, lance-t-elle en formant avec ses doigts deux anneaux emboîtés. Un signe qui veut dire solidarité. »
1. Cette épreuve facultative est proposée aux élèves de terminale des séries générales et à la filière technologique « hôtellerie », pour être étendue, l’an prochain, à toutes les séries technologiques.

Source : http://www.grasse.maville.com © 12/06/2008 à Nice (France)

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