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Les sourds réclament un interprète en Sarthe

Un collectif d’associations de sourds et malentendants a vu le jour en novembre. Il demandeun interprète diplômé pour tout le département.

A la pharmacie, à la banque, à la poste… Pour les sourds, les démarches quotidiennes se compliquent.

Le fauteuil roulant. La canne blanche. Les troubles du comportement. Certains handicaps sont visibles, d’autres beaucoup moins. « Nous, les sourds, on ne nous remarque pas. On se débrouille par nous-mêmes. » Bernard Truffaut, directeur du mensuel Echo Magazine, destiné au public sourd, sait pourtant que l’accès au monde des entendants est loin d’être facile. Négocier un prêt à la banque, payer ses impôts ou constituer un dossier pour avoir droit à une aide financière : comment faire quand le canal de la voix ne fonctionne pas ? Et quand le rapport à la langue française écrite est loin d’être naturel ?

En novembre dernier, six associations sarthoises (1) ont formé un collectif pour booster les autorités locales dans l’application de la loi de février 2005, qui met l’accent sur l’accessibilité des personnes handicapées. « Pour les sourds et les malentendants, explique Catherine Beauger, rédactrice en chef entendante d’Echo, ça signifie avoir un interprète en langue des signes à demeure dans la Sarthe. »

500 sourds dans la Sarthe

500 personnes sourdes résideraient dans le département. Sans compter les malentendants, beaucoup plus nombreux. Pourtant, la plupart des conférences « comme celles sur la Santé dans l’assiette, organisées par l’assurance maladie, ne sont pas traduites en langue des signes, donc pas accessibles, note Bernard Truffaut. L’alimentation nous concerne au même titre que les entendants ! » Au Mans, ni le musée de l’automobile, ni le musée de Tessé, ni l’office de tourisme ne proposent des visites en langue des signes. Alors que les visites en anglais ou en espagnol sont monnaie courante.

A défaut d’interprète dans le département, « nous faisons parfois appel à un interprète de Nantes, Angers ou Chartres », à des tarifs horaires qui oscillent entre 40 et 50 €. « Mais il faut payer en plus ses frais de déplacement. Et réserver longtemps à l’avance. »

Le jeune collectif a d’ores et déjà transmis ses revendications à la Ville du Mans et au conseil général. Du côté de la mairie, c’est une nouvelle élue, Sophie Moisy, qui est en charge du dossier. Elle avoue ne pas encore avoir eu le temps de s’y consacrer. Le conseil général, quant à lui, subventionne déjà un poste d’« interface langue des signes » au sein de l’Association pour adultes et jeunes handicapés de la Sarthe (APAJH). Cette « interface » donne des cours et peut accompagner les sourds dans leurs démarches. Mais cela ne satisfait pas la communauté. « Sa formation n’est pas sanctionnée par un diplôme, contrairement à un interprète, déplore Catherine Beauger. Comme toute langue, la langue des signes ne peut pas se contenter de l’à-peu-près. »

Les parents d’enfants sourds présents au sein du collectif sont bien de cet avis. Les auxiliaires de vie scolaire qui accompagnent les élèves à l’école ont, au mieux, été formés à la langue des signes, « mais un interprète pourrait intervenir dans certains cours, notamment dans les classes où le vocabulaire se complique », note l’une des mamans, Delphine Malherbe. « Un interprète au Mans serait un progrès et pas seulement pour les personnes sourdes, conclut Bernard Truffaut. Les entendants aussi pourraient en profiter pour s’ouvrir au monde de la surdité. »

(1) Association des sourds du Maine, Collectif des parents d’enfants sourds, Des mots plein les mains, Presse édition surdité (Echo Magazine), Sitcom et Surdi 72.

Source : http://www.maville.com © 04/04/2008 à Le mans (France)

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