Jérôme Caza, réalisateur de “Kilimandjaro”

Eric, 43 ans, Catherine, 44 ans, Guillain, 24 ans, Salima, 25 ans, Bastien, 29 ans, Jean-Michel, 49 ans, Sofia, 33 ans, Nicolas, 43 ans, Yolaine, 34 ans et Sébastien, 25 ans, ont ainsi participé à une aventure hors du commun. Ils savent qu’ils ne peuvent pas accomplir cet exploit individuellement. Ensemble, ils sont plus forts. S’ils s’entraident et forment une équipe solidaire, ils pourront, peut-être, réussir… Ils n’ont rien à gagner, juste prouver qu’ils en sont capables.
Le film de Jérôme Caza suivra quatre femmes et six hommes tous atteints d’un handicap moteur ou sensoriel se lançant à l’assaut du Kilimandjaro. A 7000 km de chez eux, en Tanzanie, dans un environnement qui leur est jusque-là inconnu, ils vont traverser ensemble la savane sur une centaine de kilomètres pour gravir le plus haut sommet d’Afrique. Encadrés par quatre guides et deux médecins expérimentés, ces dix participants espèrent, au-delà de leurs limites et bien au-delà de leur handicap, accomplir un exploit
collectif.

Il y a 2 personnes sourdes qui participent à cette expédition, ce sont Sofia et Sébastien.

Comment est venue l’idée d’un tel projet ?

Tout a commencé en 2006, grâce à Nadia Demourznic qui a soufflé notre nom à Christian Lebozec. Ce dernier défendait ce projet en interne à TF1 depuis plusieurs mois. C’était un sacré voyage, une sacrée histoire. Ces dix personnes, je les appelle les conquérants de l’inutile. Car finalement, grimper sur un sommet, ça ne sert à rien. La plus belle des choses, c’est de le faire gratuitement.

Lambiance collective est certes très bonne, mais chacun a parfois besoin de se retrouver seul afin de faire le point, se reposer, ou simplement prendre soin de soi. Sébastien sisole pour écrire, <a href=

Quel est le message que vous voulez transmettre aux téléspectateurs ?

A travers cette aventure, ils ont voulu donner envie à d’autres personnes atteintes d’un handicap mais à nous aussi, soi-disant valides, de changer de regard sur les handicapés. Notre société à du mal à respecter l’autonomie de beaucoup de personnes handicapées. J’espère que tous les efforts, les souffrances, les moments d’intimité livrés aux caméras ne seront pas vains.
Le plus important, c’est que le public les regarde pour ce qu’ils sont vraiment et pas pour ce qui les différencie.

Le jour levé, Sofia sest réconciliée avec le groupe qui sest excusé de lavoir mise à part. Lengagement qui les lie tous les dix est plus fort que les tensions entre les personnalités. La cohérence et la force symbolique de leur aventure commune leur fait oublier leurs différences.
Sofia, sourde de naissance, maîtrise 4 langues en plus de celle des signes. Cette jeune femme cultivée et endurante sera la seule femme du groupe à gravir le Kilimandjaro jusqu’à son sommet

Interviews de Sofia, Nicolas, Jean-Michel et Sébastien
Pourquoi avez-vous participé à cette aventure ?

Sofia : J’ai reçu un mail d’un ami qui me disait que la production (2P2L, ndlr) cherchait un sourd pour faire ce voyage. Après deux castings et un entretien, j’ai été sélectionnée. Je voulais que les gens me regardent autrement. Ce n’est pas parce qu’on est sourd et qu’on communique avec des gestes qu’on est débile !
Sébastien : Moi j’ai participé par défi personnel car je n’ai jamais vécu avec des handicapés, je n’en connaissais aucun car je n’ai jamais fréquenté d’établissements de sourds muets ou d’handicapés. Lors de l’expédition, j’ai pu connaître les avantages et les inconvénients d’un handicap et aussi de la vie en communauté.
Nicolas : J’ai voulu montrer que chacun peut se dépasser, pour que d’autres personnes se servent de cette histoire pour faire la même chose. Le handicap peut prendre beaucoup de place comme être assimilé dans une vie presque normale.

Le jour levé, Sofia sest réconciliée avec le groupe qui sest excusé de lavoir mise à part. Lengagement qui les lie tous les dix est plus fort que les tensions entre les personnalités. La cohérence et la force symbolique de leur aventure commune leur fait oublier leurs différences.
Le jour levé, Sofia s’est réconciliée avec le groupe qui s’est excusé de l’avoir mise à part. L’engagement qui les lie tous les dix est plus fort que les tensions entre les personnalités. La cohérence et la force symbolique de leur aventure commune leur fait oublier leurs différences.

Le film est-il fidèle à ce que vous avez vécu ?

Nicolas : Oui, il est fidèle. Mais il est beaucoup trop court par rapport aux 20 jours extraordinaires qu’on a vécus !
Jean-Michel : Il n’y avait pas d’intérêt à montrer nos grosses chutes pour montrer qu’on a un handicap. On était surtout là pour s’aider et non pour regarder nos handicaps. Et le film l’a bien montré.
Sofia : Pour ma part, il fallait que je me débrouille pour communiquer avec les autres, étant la seule sourde profonde, il était impossible d’utiliser le langage des signes. Mais j’ai dû montrer aux autres qu’ils devaient faire attention à moi. Lors des soirées, je ne pouvais pas lire sur les lèvres, et je me suis vraiment sentie handicapée. Mais ce qu’on a vécu là-bas, les chutes, les problèmes, l’espoir… C’est ce que tout le monde peut vivre dans une telle situation. On était là pour s’entraider.

Vouliez-vous lancer un message en participant à cette aventure à la télé ?

Nicolas : Les valides ne connaissent pas les handicapés, et en général, on a peur de ce qu’on ne connaît pas. Voir le handicap à la télévision, c’est le banaliser, et ainsi j’espère que les gens en auront moins peur et qu’ils nous regarderont autrement. On a joué les Christophe Colomb, à découvrir le monde, mais on voulait aussi montrer notre histoire, que le handicap n’est pas une barrière. On donne souvent une fausse image du handicap : on mélange handicap sensoriel, physique, mental… Or un handicapé aujourd’hui est quelqu’un qui fait du sport, qui sort, qui a une vie sociale. Les médias ne montrent pas cette image-là.
Sofia : Le mot handicapé est gênant car il ne veut rien dire. On a tous des obstacles, des limites. Elles ne sont simplement pas les mêmes pour tout le monde. L’objectif du Kilimandjaro était de les dépasser. Je préfère le terme de limite au terme de handicap.
Sébastien : Quelque soit notre handicap, on est capables de tout. Si on a un bon mental et qu’on est solidaires, on surmonte les obstacles.

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Source : http://www.linternaute.com Photo : TF1 © – 02/2008 à France

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