La main des sourds

Améliorer les capacités des sourds

Langue des signes locale. « Les sourds peuvent tout faire sauf entendre ». Cette conviction est l’un des principaux objectifs d’un atelier de valorisation de la langue des signes locale et d’amélioration des capacités des déficients auditifs sans oublier la sensibilisation des populations.

Vu que les signes locaux utilisés par les personnes sourdes dans leur communication sont sérieusement menacés et vu la nécessité de renforcer la capacité des déficients auditifs pour leur insertion socioprofessionnelle, Empowerment Project Deaf Mali (EPDM), dans le cadre de son projet Lasima (Langue des signes malienne), organise un atelier de formation à l’intention des sourds.
La cérémonie officielle de l’ouverture de l’atelier, qui durera une semaine, a eu lieu vendredi à l’Ecole pour les déficients auditifs de l’Hippodrome. A travers cet atelier, EPDM tire la sonnette d’alarme. La langue des sourds malienne est intimement liée à notre culture. Comme elle n’est pas utilisée à l’école, où c’est le règne du langage gestuel américain, notre langue de signes risque de disparaître. Cette initiative néerlandaise a donc pour but de valoriser les signes locaux à travers la formation des déficients auditifs.
Pour y parvenir, l’EPDM a mobilisé des formateurs de haut niveau dont 3 hollandaises dont une détentrice de Ph.D en langue des signes. Ils communiqueront largement avec les 45 participants à l’atelier (40 sourds et 5 malentendants, analphabètes et alphabètes inclus). Ce qui permettra de combler le déficit en enseignants qualifiés en langue de signes nationale. Surtout en vue de la probable ouverture d’écoles dans d’autres localités du pays.
L’atelier se présente comme un véritable chantier d’épanouissement des sourds nationaux puisque la valorisation de leur langage n’est pas seulement dans son sillage. « Nous allons tourner des films, du théâtre, former des interprètes… », a souligné Victoria Nyst, formatrice et membre pilote du projet. C’est comme pour montrer aux gens que les déficients auditifs sont aussi capables que les malentendants et convaincre les sourds de leurs propres potentialités afin qu’ils aient confiance en eux-mêmes.
La preuve éloquente de cette capacité est le président de l’Association malienne des sourds (Amasour), qui est un fonctionnaire et ingénieur d’élevage. Famory Konaté a, dans son allocution, montré sa satisfaction vis-à-vis de cette initiative, qui vise à promouvoir ses semblables. Il s’est surtout félicité de la présence de ses frères du Sénégal, du Ghana, du Burkina et des Pays-Bas avant d’inviter les partenaires dont l’Etat à faire plus d’abnégation à l’égard des personnes sourdes.

Source : http://www.lemali.fr © – 07/01/2008

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