Reconnu handicapé en métropole… pas à la Réunion

Une affaire qui dure depuis 17 ans ! Parce que son dossier a été égaré entre Lyon et Saint-Denis par l’ex-Cotorep, un Saint-Andréen atteint de surdité se voit refuser depuis, le statut de travailleur handicapé. Au moment de monter son entreprise, ce dernier a reçu le soutien de la Maison de l’emploi de l’Est. Le statut donnant droit à des aides spécifiques de l’Agefiph.

Le dossier est de nouveau prêt. Envoyé à la MDPH (Maison départementale des personnes handicapées), Alain G. (l’homme souhaite conserver pour l’instant l’anonymat) espère cette fois obtenir gain de cause après une longue attente de… 17 ans. Petit retour en arrière : nous sommes en 1990, après plusieurs années passées en métropole, le Saint-Andréen décide de retourner habiter dans son île. L’usine où il travaillait du côté de Monaco venant de fermer ses portes. À son arrivée sur Saint-Denis, l’homme part directement prendre des nouvelles de son dossier à la Cotorep. Un dossier qui devait partir de Lyon où il était inscrit jusque-là, pour attester de sa prise en charge en tant que travailleur handicapé. Problème : la Cotorep de la Réunion affirme n’avoir rien reçu en provenance de la capitale des Gaules.
PÉNALISÉ AU QUOTIDIEN
Les semaines et les mois passent, sans que personne ne soit en mesure de donner plus d’informations à l’intéressé, dont le problème de surdité (perforation des deux tympans) aux deux oreilles était reconnu depuis le début des années 80. Un handicap qui lui aura notamment valu trois opérations en métropole sans pour autant apporter une amélioration significative, regrette t-il. En absence de dossier sa reconnaissance part en fumée. Après plusieurs refus, l’homme décide de laisser tomber et enchaîne les emplois (réparation de TV, maçonnerie…), malgré son handicap qui le pénalise pour communiquer avec son entourage particulièrement sur les chantiers.
DES AIDES PRIORITAIRES
Reconverti depuis plusieurs années dans l’apiculture – il possède une dizaine de ruches à Saint-André – ce dernier envisage désormais de créer sa propre entreprise de pâtisserie orientale au miel. Avec l’obligation de suivre une formation en métropole pour obtenir le CAP, indispensable. Pour faire de son projet une réalité, il franchit en octobre les portes de la Maison de l’emploi de l’Est. Cette dernière l’encourage depuis à faire valoir ses droits à la MDPH, le statut de travailleur handicapé lui ouvrant la porte à des aides spécifiques de l’Agefiph (Association de gestion du fond pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées). Des aides intervenant sur plusieurs niveaux, détaille sa déléguée régionale, Catherine Logeais : prise en compte prioritaire pour bénéficier de certains dispositifs, droit à une allocation sociale si le handicap dépasse les 80%, prise en charge d’une formation, financement d’un accompagnement pour les créateurs d’entreprise ou encore le déblocage d’une aide directe de 10 675 euros maximum, sans oublier l’aménagement des postes de travail. Une cinquantaine de dossiers ont ainsi été pris en charge par l’Agefiph à la Réunion… Reste encore à être reconnu comme travailleur handicapé. Après avoir passé plusieurs visites médicales, le dossier d’Alain est désormais dans les mains de la MDPH. La fin d’une longue attente ?

Source : http://www.clicanoo.com © – 11/12/2007 à La Réunion

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