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Première Chuuut Party

Ne communiquer que par écrit ou via la langue des signes. Une première Chuuut Party était organisée samedi à LLN.

L’horloge in dique 20 h, et tout le monde se tait d’un coup. On n’entend plus que quelques rires étouffés et le bruit des crayons avec courent sur des bouts de papier. Samedi, le Guinch Bar abritait la première Chuuut Party organisée en Brabant wallon.

Le concept n’est pas tout neuf. «L’idée est venue de deux artistes américains qui, dans une discothèque, ont commencé à s’écrire des mots pour se comprendre, explique Thomas Bruneau, représentant de la Fédération francophone des sourds de Belgique. Elle s’est exportée à l’étranger et au Claridge, en Belgique. La FFSB a eu vent de ce concept et a demandé que les personnes malentendantes y soient associées. Et c’est devenu la Chuuut Party.»

À Louvain-la-Neuve où la demande est forte, la fédération s’est associée à l’Association socioculturelle des sourds et malentendants du Brabant wallon pour l’organisation.

«Les gens ont besoin de ce genre de soirée parce qu’un mur s’est créé entre le monde des malentendants et celui des autres, à cause des problèmes de communication. Moi-même, je m’exprime bien mais en groupe, je suis perdu», explique Roland Govaert, co-organisateur du rendez-vous organisé à Louvain-la-Neuve.

Sa collègue Rebecca Vangansbeke passe de table en table, pour tenter de «signer» avec tout le monde. «Ce genre de soirée permet aux malentendants de se rencontrer, mais aussi aux entendants de comprendre notre situation qui fait parfois peur», dit-elle.

Beaucoup d’entendants étaient effectivement de la partie. «C’est la deuxième fois que je participe à une Chuuut Party avec des amis. On s’amuse différemment et on apprend la langue des signes», raconte Laure Scutnaire… Qui s’interrompt car Rebecca est arrivée à leur table, dans le but de faire connaissance. Malgré les fiches avec quelques mots traduits en langue des signes à leur disposition et l’aide de la jeune femme, les convives mettent du temps à épeler leur prénom, avec un signe pour chaque lettre.

Le tour de table se termine par Rebecca, qui se présente d’un seul signe de la main, partant de sa tête et tournoyant dans les airs. «Ça, c’est mon nom signé. Entre nous, nous n’épelons pas à chaque fois nos noms, ça prend trop de temps. Dans la langue des signes, un mot correspond à un geste et pour le prénom, on en invente un en fonction de la personnalité de chacun. Le mien signifie que j’ai la tête dans les nuages.»

Les discussions s’enchaînent en langue des signes, ponctuée de mimes et le carnet de notes toujours à portée de main. Mais le temps passe vite quand on s’amuse et vers 22 h, le silence fait place à la musique.

«Les personnes malentendantes peuvent danser car elles entendent les vibrations de la musique. Ici, en plus, le propriétaire du Guinch Bar facilite les choses en tournant les baffles vers le sol», sourit Catherine Neuret, co-organisatrice.

La preuve est faite : si l’on veut bien prendre la peine de voir comment l’affronter, le «mur» entre les deux «mondes» n’est pas infranchissable.

Source : http://www.lavenir.net © 20 Novembre 2007 à Ottignies-Louvain-la-Neuve

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