Communiquer avec les malentendants

Créée à Pontoise, Sign’95 est la première entreprise en France à proposer des cours de la langue des signes aux entendants.

La micro-entreprise Sign’95 vient tout juste de souffler sa première bougie d’existence et déjà, le prix 2007 du Mouvement des entreprises du Val-d’Oise a été attribué à sa jeune créatrice, Maylis Balyan.  Derrière le handicap de cette jeune femme de 29 ans, invisible pour ceux qui ne savent pas qu’elle est atteinte d’une forte surdité, se cachent de longues années d’efforts et de solitude. «  J’ai toujours été scolarisée en milieu ordinaire mais c’était très difficile de suivre en classe où les autres élèves se relayaient à côté de moi pour m’aider  » se souvient-elle « J’ai dû prendre des cours d’orthophoniste pendant très longtemps ce qui me permet aujourd’hui de bien parler !  » Après un Bac scientifique décroché dans son Sud-Ouest natal, Maylis Balyan décide de partir à Paris où elle suit une formation d’initiation à la pédagogie de l’enseignement de la langue des signes française (LSF). Elle commence alors à enseigner dans des écoles et des associations à Paris et dans le Val-d’Oise (en particulier à Cergy). Séduite par le cadre environnant, elle finit par s’installer à Pontoise il y a environ trois ans et c’est ici que très vite, lui vient l’idée de créer sa propre structure. Elle réussira son pari en octobre 2006 après avoir été orientée et aidée financièrement, notamment par l’Agefiph*.

Apprentissage de la langue en un ou deux ans

La spécificité de Sign’95 est de proposer à des entendants l’apprentissage de la LSF. Propre à chaque pays, cette langue est constituée de gestes très précis accompagnés d’expressions du visage et/ou du corps qui donnent le ton. Il faut environ une à deux années de cours pour en acquérir les bases et cinq à six ans pour en maîtriser toutes les finesses. « Le but de mes cours est à la fois d’enseigner la LSF et aussi de mieux faire connaître le monde des sourds et leur vie quotidienne » explique Maylis Balyan. Ses élèves sont des écoliers, des parents d’enfants sourds, des éducateurs spécialisés, des infirmières, des collègues d’un salarié sourd… « Mon souhait est d’intervenir de plus en plus au sein des sociétés qui embauchent des déficients auditifs » souligne-t-elle. D’ores et déjà, Sign’95 est promise à un bel
avenir, une deuxième enseignante vient d’être recrutée

* Organisme qui œuvre pour l’intégration des personnes en situation de handicap dans le monde du travail. www.agefiph.asso.fr

Source : http://www.cergypontoise.fr © Novembre 2007 à Paris

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