Un signe d’ouverture

Une convention a été passée entre le Trésor public et le centre d’interprétariat de la langue des signes pour améliorer l’accueil des malentendants

Dans le top 10 des destinations automnales, les centres des impôts et autres trésoreries arrivent en tête d’affiche. Il n’y a pas que les feuilles mortes qui se ramassent à la pelle. Taxe d’habitation, impôts sur le revenu? les raisons ne manquent pas de se rendre auprès des agents du Trésor public.
Si la tâche n’est que rarement agréable, elle devient franchement ardue quand viennent s’ajouter des problèmes de communication. Surtout quand le contribuable est sourd ou malentendant.
La loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées porte bien son nom. À savoir qu’un handicap, de quelque nature qu’il soit, ne devienne pas un obstacle auprès des services de l’État. Comme les trésoreries par exemple.

Service d’un interprète. C’est ainsi qu’il a été proposé aux agents des 31 trésoreries charentaises, sur la base du volontariat, de suivre une formation à la langue des signes. Afin d’être en mesure d’accueillir le public sourd et malentendant dans les meilleures conditions. Dans le département, aucune bonne volonté ne s’est manifestée. Il a donc été fait appel au Centre d’interprétariat en langue des signes (CILS). Et plus particulièrement à Amandine Gondcaille, seule interprète de la Charente.
« Une convention a été signée entre le Trésor public de la Charente et l’Association française d’interprétariat de la langue des signes », explique Karine Blanc, chargée de la communication des « impôts » du département.
But de ce partenariat, faire en sorte que si une personne sourde ou malentendante se présente au guichet, elle puisse bénéficier des services d’un interprète, Amandine Gondcaille en l’occurence. Cette dernière se déplacera alors. « La situation ne s’est pas encore présentée », note la jeune interprète. La lettre d’information du CILS ainsi que son site internet doivent être les vecteurs de l’information. « Il faut que les gens sachent que ça existe », insiste Amandine Gondcaille.
Des crédits spéciaux ont été alloués pour couvrir les frais engendrés, notamment les déplacements de l’interprète.
Une interprète qui en situation devra faire avec un vocabulaire bien particulier, celui de l’administration fiscale. Pas un souci pour la jeune femme. « Quand il n’y a pas de vocabulaire spécifique, nous pouvons utiliser l’épellation visuelle. Nous travaillons également dans le sens des mots. Techniquement, il n’y a pas de problème d’interprétation à partir du moment où le sens des mots est accessible », précise Amandine Gondcaille.
Cette dernière est bien évidemment soumise au secret professionnel, si l’on peut dire. « La neutralité et la confidentialité font partie du cadre de travail obligatoire de l’interprète ».
Amandine Gondcaille s’est adressée à plusieurs collectivités et administrations charentaises. Le Trésor public a été la seule à la rappeler. « Des contacts sont en cours avec la CAF, note la jeune femme et une convention a été passée avec l’hôpital, juste avant l’été ».
Il faut que l’information, encore trop confidentielle, circule. « L’offre crée la demande », espère-t-elle.

Source : http://www.sudouest.com © – 11/10/2007 à Bordeaux

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.