UE libres : du choix mais peu d’informations

Depuis la réforme LMD, des UE libres sont proposées en licence et en master. C’est l’occasion pour de nombreux étudiants de s’aérer les neurones en choisissant en particulier l’une des cinq formations proposées par le BVE.

Albert Tabaot, enseignant sourd, “signe” ses cours de Langue des signes française.
Albert Tabaot, enseignant sourd, “signe” ses cours de Langue des signes française.

C’est impressionnant, un enseignant qui ne parle pas !” L’étonnement de Florence Danner, étudiante en L3 Sciences naturelles et communication, comme celui de tous les étudiants qui suivent son cours, amuse toujours Albert Tabaot chargé de l’unité d’enseignement (UE) libre de Langue des signes française (LSF). La LSF est la langue gestuelle utilisée par les sourds pour communiquer. Elle est l’une des cinq UE libres proposées par le Bureau de la vie étudiante (BVE) qui ont la particularité d’être assurées par des intervenants extérieurs. Marc Delacour, qui a suivi la formation sur l’engagement associatif en L3 Géographie, apprécie : “Je suis président de l’Association des étudiants en géographie de Strasbourg (AEGS) ; je voulais mieux connaître le cadre juridique auquel nous sommes soumis. Les interventions du Clapest, une association d’aide aux associations, élargissent la vision aux contraintes de toutes les structures associatives. Le revers, c’est que nous n’obtenons pas toujours de réponses aux problématiques propres aux associations d’étudiants.” Florence a également suivi l’enseignement artistique, Arts graphiques, une vraie respiration dans ses études scientifiques. “Les UE libres du BVE sont l’occasion de s’ouvrir à autre chose que des études disciplinaires, explique-t-elle. Elles permettent de suivre des cours, gratuits, qui ne sont pas faciles à trouver ailleurs.” C’est aussi l’avis d’Émilie Cassagnol en L3 de Sciences de l’éducation : “Je n’ai pas choisi l’initiation à a LSF pour obtenir des crédits*, mais pour élargir mon horizon. Je prépare le concours de professeur des écoles, et depuis que j’apprends la LSF, j’aimerais enseigner dans une classe mixte d’enfants entendants et sourds.” Comme le souligne Albert Tabaot, ces enseignements ouvrent l’esprit, des étudiants comme des institutions puisque l’ULP est la première université alsacienne à proposer des cours de LSF. Mais le catalogue des UE libres ne se limite pas aux cinq proposées par le BVE. Les étudiants peuvent choisir des UE dans leur faculté ou dans d’autres filières de l’ULP et même dans l’ensemble des sept universités du Rhin supérieur membres d’EUCOR ! Ils ont donc l’embarras du choix, mais en profitent peu car beaucoup ignorent qu’ils peuvent aller piocher en dehors de leur diplôme. Ils ne savent pas où chercher l’information qui n’existe pas toujours – seule une faible partie de l’offre est recensée sur le site de l’université – et les plus persévérants qui veulent suivre une UE libre dans une autre faculté ou une autre université sont renvoyés d’une scolarité à l’autre à cause de problèmes administratifs. Si le système est largement perfectible, il offre néanmoins une ouverture très appréciable pour compléter son parcours ou pour découvrir tout à fait autre chose.
* Les UE libres comptent pour 3 crédits en licence et pour 9 crédits en master.

Source : http://www-ulp.u-strasbg.fr © – 00/10/2007 à Strasbourg (France)

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