La main des sourds

La langue des signes pour mieux s’entendre

Les « signeurs », comme Benoît Blandin, Marie-Madeleine Bègue et Régis Errien, exploitent les ressources de la LSF pour le travail et pour… l’humour.

Pour faciliter l’échange entre personnes sourdes et entendantes, l’Institut de la Persagotière, à Nantes, enseigne à tous la langue des signes.

En France métropolitaine, plus de cinq millions de personnes souffrent d’un handicap auditif. Parmi elles, 44 000 sourds profonds, la plupart privés de l’ouïe dès la naissance. Pour briser leur isolement sensoriel et social, la langue des signes française (LSF) se révèle très efficace.

Le handicap de Benoît Blandin ne l’a pas empêché d’accéder au poste de responsable de la formation à l’Institut de la Persagotière, à Nantes. C’est par le truchement d’une interprète, Marie-Madeleine Bègue, qu’il met les choses au point : « La LSF n’est pas un langage, mais une vraie langue, avec son vocabulaire, sa grammaire, sa syntaxe. Depuis 1999, elle est reconnue comme la 40e langue de l’Europe. »

La société s’adapte

La France, avait attendu la loi Fabius de 1991 pour autoriser l’enseignement de la LSF, malgré les limites évidentes de l’oralisation à tout prix. En seize ans, les mentalités ont beaucoup évolué. De plus en plus de personnes entendantes apprennent la langue des signes pour mieux s’entendre avec ceux qui sont privés de l’ouïe. « Il y a un vrai mouvement, commente Régis Errien, responsable du centre de ressources de la Persagotière. Nous sommes de plus en plus sollicités par des parents, des amis, des collègues de travail de personnes sourdes. »

Aux ateliers municipaux de la ville de Nantes, une centaine d’agents se sont déjà initiés à la LSF pour mieux accompagner un salarié sourd. Et une cinquantaine d’autres se sont inscrits à un nouveau cycle de formation. « À la mairie de Nantes, toutes les personnes chargées de l’accueil doivent, au minimum, s’initier à la langue des signes. Et le premier groupe déjà formé a souhaité approfondir sa maîtrise de la LSF. »

L’Institut de la Persagotière a conçu des modules de formation adaptés aux différentes demandes des personnes sourdes et des entendants. « Nous proposons cinq niveaux, de l’initiation du débutant à l’éloquence du maître, résume Benoît Blandin. Les cours pour les gens inscrits individuellement sont dispensés à l’Institut. Mais nous nous déplaçons dans toute la Loire-Atlantique et la Vendée pour organiser, sur place, les formations intra ou inter-entreprises. »

« Actuellement, il y a 800 000 « signeurs » en France, note Régis Errien. La LSF est belle à observer et à pratiquer. Mais le plus important, c’est que la glace soit brisée avec les personnes sourdes. » « Avant, confirme Benoît Blandin, nous devions nous adapter à la société. Aujourd’hui, c’est la société qui s’adapte à nous. »

Une réunion d’information ouverte à tous, avec un interprète, aura lieu à 18 h à l’Institut, le jeudi 18 octobre. Les cycles de formation commencent début octobre. Tarifs : 117 € ou 360 €. Renseignements et inscriptions : Centre de formation de la Persagotière, 30, rue du Frère-Louis, BP 66216, 44262 Nantes cedex 2. Tél. 02 40 75 63 15. Minitel : 02 40 05 11 54. Télécopie : 02 51 70 15 44. Courriel : c.guihal@la-persagotiere.fr

Source : http://www.ouestfrance.fr © 27/09/2007 à Nantes (France)

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