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Muets avec la langue des signes

Ce témoignage ne va pas changer les choses. Mais Coralie et son ancien professeur, voulaient vraiment témoigner de la mort de la spécificité de la section malentendants au lycée Jules-Renard.

Avec la langue des Il signes, on en fait des muets ». Daniel Tissier, professeur en retraite qui, pendant trente ans, a enseigné dans la section pour malentendants du lycée Jules-Renard, ne comprend toujours pas pourquoi la langue des signes est entrée dans cet établissement.

LETTRES. Même si les malentendants connaissent lalphabet, ceux qui ont choisi depuis des années et jusquà maintenant la section du lycée Jules-Renard, ne veulent pas communiquer par signes
LETTRES. Même si les malentendants connaissent l’alphabet, ceux qui ont choisi depuis des années et jusqu’à maintenant la section du lycée Jules-Renard, ne veulent pas communiquer par signes

Section morte
« C’est à la fois un problème pédagogique et un problème moral Si un interprète est présent dans une classe, rétablissement ne peut plus proposer cette spécificité de l’oralisme alors cela veut dire que la section est morte ».
Et, à ses yeux, elle l’est car depuis la rentrée 2007, suite à la demande d’une famille, une interprète du CMPP suit une jeune élève de Seconde dans les cours d’histoire géo graphie,de français et de biologie. Sourde profonde, Coralie, une ancienne élève de Jules-Renard qui a obtenu son bac en 2006, appuie le sentiment de son ancien professeur « Moi, je suis de Guérande et mes parents avaient choisi spécialement ce lycée parce qu’ils voulaient que je parle comme tout le monde. Je sais que la langue des signes nous éloigne des autres, et qu’on finit par ne plus parler aux entendants. »
Aujourd’hui, étudiante en classe prépa kiné à Four-chambault, Coralie peut témoigner de cette barrière qui se ferme, parfois inexorablement sur les malentendants, « Je connais des sourds qui, finalement, ne vivent que de leurs allocations car avec la langue des signes, ils se sont coupés de toute relation ».
« Moi, je lisais sur les lèvres parce que mes parents m’ont toujours beaucoup parlé »
Jusqu’en CM 2, la jeune Bretonne avait pu suivre l’enseignement de l’école primaire « car que les maîtresses et les maîtres sont face aux élèves et leur parlent. Moi, je lisais sur les lèvres parce que mes parents m’ont toujours
beaucoup parlé et que moi, j’ai toujours parlé aussi »,
Mais, arrivée au collège, les profs tournent trop souvent le dos à la classe pour écrire au tableau, alors Coralie ne voit plus rien. « J’ai dû aller dans un collège pour sourds avec la langue des signes mais ma famille et moi, on ne voulait pas ça. Donc, venir à Jules-Renard, c’était retrouver un vrai contact avec les enseignants ».
Une vraie communauté d’esprit
Elle se souvient qu’au collège avec la langue des signes, le décalage était trop grand. Quand un professeur expliquait un problème, le temps que l’interprète traduise, l’enseignant était déjà passé à autre chose. Donc pas évident de faire sans cesse répéter. « Et puis, on manque de contact. C’est impersonnel, on n’a pas de complicité avec le prof » À cela, Daniel Tissier ajoute qu’il faut « une vraie communauté d’esprit » tant au sein de l’équipe pédagogique
qu’avec les élèves.
Ce que n’aimait pas non plus Coralie avec la langue des signes, c’est l’imprécision, « Je peux vous dire “Je vais à la plage”, mais avec les signes, je dis “moi va plage” Sans compter les fautes d’orthographe et de syntaxe alors que nous sommes dans une vie où l’écrit et l’oral sont très importants ».
Et quand Daniel Tissier lui rappelle que certains pensent qu’un sourd qu’on oblige à parler est malheureux, très distinctement, Coralie, répond : « Non pas du tout ». Presque un cri qui n’a pas besoin d’interprète.


Sessad et CMPP
Ce sujet avait déjà été abordé dans notre édition du mardi 31 juillet. Le directeur administratif du Sessad (service d’éducation spéciale et de soins à domicile pour enfants et adolescent déficients auditifs) avait précisé que la venue d’une interprète entrait dans « le cadre de la loi 2005 sur l’intégration des handicapés. afin de « répondre aux besoins de chaque jeune ». Elisabeth Manteau, orthophoniste, et responsable du CMPP (centre médico psychopédagogique) complétait cette information en disant * la langue des signes n’a jamais empêché un malentendant de parler ».

Source : Journal “Centre” © – 19/09/2007 à ….. (France)
Merci à J-L IMBERT pour info

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