Au café signe, sourds et entendants s’entendent

Un café signe vient d’être créé dans la ville. Parce que la mixité sourds-entendants n’est pas toujours évidente. Une initiative originale. Ambiance.

Jolie photo de famille pour la première rencontre sourds et entendants du café signe Bul et dessin. Chacun a signé son prénom.
Jolie photo de famille pour la première rencontre sourds et entendants du café signe Bul et dessin. Chacun a signé son prénom.

Un café nommé Bul et dessin. Une vingtaine de personnes. Des sourds, des malentendants et des entendants. C’est leur première rencontre. Ils communiquent en langue des signes. Entre les éclats de rire et les sourires, l’ambiance est chaleureuse. Bruno Lambert, le patron du café, enchaîne les signes. Tel un cow-boy qui dégaine aussi vite que son ombre. « Pourtant, cela fait à peine trois mois que j’apprends la langue des signes. »

Il a débuté par hasard. Un hasard bienfaiteur. « Quelqu’un est venu poser une affiche pour une association briochine de sourds. » Il n’en fallait pas plus pour que Zohra Nedjimi, formatrice en langue des signes, lui propose de créer un café signe. Bruno se laisse convaincre. « Depuis toujours, je souhaite devenir éducateur sportif. Pour les enfants entendants et malentendants. Mon projet est en cours de concrétisation. » L’occasion est trop belle pour les deux. « Cela faisait trois ans que je cherchais un bar. Les patrons ne semblaient pas très enthousiastes », indique Zohra, en signant.

« Il faut que les entendants et les sourds apprennent à communiquer ensemble. À vivre ensemble », glisse Zohra, avec simplicité. « Il n’y a pas assez de mixité. On n’est pas assez ouverts envers les malentendants », insiste Bruno. « Ce n’est pas un site de rencontre maritale », rigole Zohra. En fait, il s’agit de créer un lieu de rencontre régulier, un espace d’échange. « Il y en a dans plusieurs villes françaises. » Le principe du café signe est simple : à travers des animations et des jeux, les langues, ou plutôt les mains, se délient. On discute, on signe, on s’amuse.

« La langue des signes, c’est une vraie gymnastique des mots, reconnaît Zohra. Il faut deux ou trois ans d’apprentissage pour bien maîtriser la langue. » C’est comme une langue étrangère. « Jusqu’à 16 ans, j’étais en échec scolaire. Je lisais et j’écrivais difficilement. J’oralisais beaucoup. On nous forçait à le faire. Depuis que je signe, je suis moi ! Les parents d’enfants malentendants doivent comprendre qu’il ne faut pas forcer les enfants à oraliser. » Les intégrer, les socialiser, c’est les aider à apprendre la langue des signes. Leur langue. À la fois naturelle et maternelle. La soirée passe. Zohra pose sa main sur son menton. Elle la descend légèrement devant elle, la paume dirigée vers le ciel. Elle vient de dire « merci ».

Pratique. Café Bul et dessin, 28, rue Maréchal-Foch. La prochaine rencontre aura lieu le samedi 21 juillet, à 19 h (puis le deuxième vendredi de chaque mois à la rentrée). Contact : 02 96 61 02 20, buletdessin@hotmail.fr ou zozosourd@hotmail.fr

Source : http://www.maville.com © 02/07/2007 à Saint-Brieuc (France)

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