Les sourds veulent se faire comprendre

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Lors du 30e anniversaire de l’association des sourds de Cornouaille, Patrick Le Coz a dénoncé le manque d’interprètes en langue des signes.

Les sourds entendent se faire comprendre.

L’association des sourds et déficients auditifs de Cornouaille fêtait dimanche, à l’espace associatif de Quimper, le 30e anniversaire de sa création en mai 1977. Un rassemblement avant tout festif qui a rassemblé la quasi-totalité des quelque trente adhérents, mais a surtout permis à son président, Patrick Le Coz, de lancer un appel aux collectivités territoriales.

Sourds et souvent muets

Dans une allocution traduite par une interprète professionnelle venue tout spécialement des Côtes-d’Armor, Nadège Commeureuc, le président a dénoncé l’absence, dans le Finistère, d’interprètes susceptibles de permettre à
ceux qui, comme lui, sont privés de ce sens, de se faire entendre. D’autant que, s’agissant pour la plupart d’entre eux, de handicapés de naissance, il leur manque aussi la parole.

À sa création, en 1977, les buts poursuivis par l’association étaient surtout de permettre à ses membres de se rencontrer pour ne pas vivre dans l’isolement. Elle continue d’ailleurs d’organiser des rencontres festives, des randonnées, des banquets, de susciter des rassemblements pour fêter les Rois, Noël ou d’autres moments forts de la vie en société.

Aujourd’hui, sourds et déficients auditifs ont aussi des choses à dire. Au même titre que les handicapés physiques, mentaux ou malvoyants, ils siègent par exemple à la commission d’accessibilité des personnes handicapées animée par la DDE. « Faute d’interprètes, nous éprouvons des difficultés à comprendre ce qui se dit et à nous faire comprendre », explique Patrick Le Coz qui se définit, ainsi que ses amis de l’association, comme « handicapés de la communication ».

Un droit coûteux

La seule façon de réduire ce handicap qui, affirme-t-il, concerne quelque 20 000 Finistériens, est, selon lui de mettre à la disposition des sourds et déficients auditifs des interprètes professionnels en langue des signes, capables de traduire ce qu’ils ont à exprimer et ce que disent leurs interlocuteurs. « C’est un droit, et nous entendons le faire respecter. » Une revendication que partagent les membres de l’association brestoise ainsi que l’association des familles d’enfants sourds.

Il est bien conscient que cela est coûteux. Difficile en effet, pour des raisons déontologiques, de demander à un seul interprète de traduire pendant quatre heures consécutives. D’autant que la langue des signes n’est pas une langue comme les autres. Elle nécessite une traduction simultanée, dans les deux sens, et ne peut se suffire d’une traduction abrégée à la fin d’une intervention de l’un ou de l’autre interlocuteur.

Serge Jacques-Sébastien, adjoint en charge des dossiers sociaux à la municipalité de Quimper, est bien conscient de l’urgence de répondre à ce besoin. Il note que la Ville de Quimper est la seule à subventionner l’association. Il se promet d’intervenir pour que le département et l’ensemble des collectivités territoriales concernées mettent ensemble des moyens de répondre à ce besoin justifié.

Source : http://www.ouestfrance.fr © 25/06/2007 à Quimper (France)

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