Bébé et surdité : Pour un dépistage à la naissance

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Mieux vaut éviter de perdre du temps et dans le doute consulter son médecin

La surdité profonde est décelée en moyenne entre l’âge de 16 et 18 mois. Pour de nombreux professionnels, ce diagnostic est trop tardif. Les médecins plaident aujourd’hui en faveur du dépistage à la naissance.

P lus la surdité est détectée tôt chez l’enfant, meilleure sera sa prise en charge. De nombreux spécialistes penchent aujourd’hui en faveur du dépistage néonatal. Réalisé à la maternité, au lendemain de la naissance, cet examen permettrait de faciliter, par la suite, l’insertion scolaire et sociale des enfants atteints de surdité.
L’âge moyen du diagnostic d’une surdité profonde est aujourd’hui de 16 à 18 mois. Or, nous savons que la période de 0 à 3 ans est essentielle dans le développement de l’enfant, notamment en ce qui concerne son accès au langage et à la parole.
Ainsi, plus le dépistage est précoce et plus bébé sera rapidement appareillé, avec à la clé une chance de parler normalement. Selon un rapport de la députée Dominique Gillot sur la situation des sourds en France, 80 % des sourds profonds de naissance sont illettrés et seulement 5 % d’entre eux accèdent aux études supérieures.
Fortes de ce constat, l’Association française pour le dépistage des handicaps de l’enfant et l’assurance-maladie ont lancé un programme expérimental de dépistage néonatal réalisé en maternité. « Nous souhaitons que ce programme se généralise au niveau national, nous indique Denise Busquet, médecin ORL phoniatre et coauteure du guide pratique La surdité de l’enfant, publié par la Fondation de France et l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes). Or, nous craignons que ce projet soit abandonné pour une question de coût. »
Des professionnels souvent rassurants à tort
Ne pas pérenniser le dépistage néonatal serait d’autant plus grave que, face à l’inquiétude parfois fondée de certains parents, le corps médical se montre souvent rassurant. Cette situation retarde l’âge du diagnostic. C’est ce qu’a vécu Françoise, la maman de Quentin ; aujourd’hui âgé de 28 ans, il est atteint de surdité. « Lors de l’examen de santé, au cinquième jour, se souvient-elle, le pédiatre n’a décelé aucun problème d’audition. » Vers l’âge de 8 mois, les parents de Quentin ont commencé à s’inquiéter. « Il évoluait différemment de son frère aîné, raconte sa maman. Il était distrait et il manquait de dynamisme. Il a passé un nouveau bilan de santé à l’âge de 10Êmois. Quentin était peu concentré. Malgré des difficultés pour l’examiner, le médecin a noté une audition normale. De retour à la maison, nous n’étions toujours pas convaincus. Nous avons fait un test : pendant que je lui donnais son bain, mon mari a frappé à la porte. Il n’a eu aucune réaction. » Dès le lendemain, Quentin a vu un médecin ORL. Quelques jours plus tard, la surdité était confirmée. « Nous avons dès lors lancé sa prise en charge, avec notamment la pose d’une prothèse auditive. Il a très vite commencé à réagir aux sons. » Aujourd’hui Quentin travaille dans une revue scientifique, après avoir suivi une maîtrise d’histoire et un DESS sur les métiers du livre.
La présence d’une surdité chez un enfant n’est pas toujours évidente à déceler pour les parents. Certains signes peuvent cependant éveiller l’attention. Privés d’ambiance sonore et de la voix de leurs parents, les enfants sourds se montrent souvent distraits, voire distants avec leur entourage. Chez les bébés, l’absence de réaction face aux jouets sonores, à la voix ou aux bruits brusques peut être le signe d’un trouble de l’audition. Un bébé sourd, par exemple, ne se réveille pas forcément si l’on fait du bruit dans sa chambre. L’absence de babillage est également un signe caractéristique. Privé de son propre son, un bébé atteint de surdité met rapidement un terme à ses premières vocalises. Si vous vous posez des questions, n’hésitez pas à en parler à un médecin. Mieux vaut éviter de perdre du temps !
Pour en savoir plus : téléchargez le guide pratique pour les parents La surdité de l’enfant sur le site de la Fondation de France. Dans la rubrique « les causes soutenues », choisir le domaine « personnes handicapées ». http ://www.fdf.org

Source : http://www.lejsl.com © 25/06/2006

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